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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Je me souviens de tous vos rêves
26 mars 2020

Provence

L’automne en Provence est limpide et bleu, ce n’est pas une saison, c’est un fruit : les touristes sont partis, la nature exulte dans une profusion de couleurs et d’odeurs.

Mais si l’écrivain-flâneur célèbre avec sa sensualité coutumière Manosque et la campagne provençale, il est avant tout attentif à ceux qui vivent dans les recoins de la société, les pauvres, les fous, les errants dont il se sent frère, et dont il parle sans apitoiement.

Les femmes sont aussi très présentes, les servantes d’auberge longuement contemplées, ou Isabelle, « la fiancée des corbeaux », auprès de qui l’écrivain trouve paix et bonheur.

J’ai aimé les longues descriptions de la nature de Provence à l’automne, ses couleurs or et rouge, la chaleur de son soleil.

J’ai aimé les histoire imbriqués dans les chapitres, comme surgies au détour d’une phrase, et qui racontent le monde, les gens.

J’ai aimé que l’auteur nous répète que la vie est tellement plus riche que tout ce que l’on pourrait raconter dans un roman.

La passion du narrateur pour les seins m’a faite sourire, moins quand il s’imagine glisser sa main dans chaque entrejambe féminin. Voir est une chose, imaginer agir en est une autre.

Un livre aux goûts d’automne et de début d’hiver.

L’image que je retiendrai :

Celle du chat dont la chute du toit lui sera fatale.

Une citation :

Quand je suis au milieu des forêts, au bord des rivières, dans l’or des collines, je ne suis jamais seul. Je pense aux yeux affûtés des renards, à la fouine au jabot de neige, aux implacables mâchoires du brochet, à toutes ces proies et ces prédateurs, cet équilibre, cet éclaboussement de vie. Nous avons inventé l’injustice et la haine, construit de splendides palais que personne n’habite et qui appellent le sang. (p.147)

https://alexmotamots.fr/je-me-souviens-de-tous-vos-reves-rene-fregni/

Alto Braco
19,00
26 mars 2020

Aubrac, secret de famille

Le roman s’ouvre sur le décès de Douce, la grand-mère de la narratrice.

Au fur et à mesure des pages, nous découvrons l’enfance de Brune entre sa grand-mère et sa grand-tante, bistrotières parisiennes venues de l’Aveyron, deux femmes que rien ne pourra séparer.

Et puis, au gré des confidences, Brune découvrira également le secret de famille qui entoure la fuite à Paris de ses deux anges gardiens.

J’ai aimé les deux soeurs qui ouvrent leur commerce 7 jours sur 7, de six heures jusque tard le soir, par roulement.

J’ai aimé le père de Brune qui tente vainement de faire vivre son exploitation sur le plateau de l’Aubrac.

J’ai aimé en apprendre plus sur cette région à cheval sur trois départements à la nature presque intact mais rude.

Le personnage de Brune m’a moins parlé, trop parisienne, sans doute, trop révolutionnaire après avoir discuté avec seulement 3-4 personnes.

Un roman plein de vaches et de ceux qui les aime.

L’image que je retiendrai :

Celle de Douce préparant la pâte à crêpes avant d’aller se coucher (de la farine, des oeufs, du sucre et du lait, un bon coup de fouet, et repos jusqu’au matin).

https://alexmotamots.fr/alto-braco-vanessa-bamberger/

Le bal mécanique, Prix Littéraire du 2ème roman 2017

Prix Littéraire du 2ème roman 2017

Anne Carrière

22,00
26 mars 2020

Bauhaus

Un soir de 1929, la prestigieuse école du Bahaus, à Dessau, a donné un bal costumé. C’était avant que les nazis ne dévorent l’Europe, c’était un temps où l’on pouvait encore croire au progrès, à l’Art et au sens de l’Histoire. Pendant ce bal, une jeune femme, Magda, a dansé, bu et aimé.

Quel rapport avec Josh Shors, animateur à Chicago d’une émission de téléréalité dont le succès tapageur mêle décoration d’intérieur et thérapie familiale ? Quel rapport avec son père, Carl, peintre oublié qui finit sa vie à Saint-Paul-de-Vence, hanté par les fantômes de la guerre de Corée et les mensonges d’une enfance déracinée ? Quel rapport avec Cornelius Gurlitt, cet homme discret chez qui on a découvert en 2012 la plus grande collection d’art spoliée par le IIIe Reich ? Quel rapport avec le marchant d’art Theodor Grenzberg, qui poursuit sa femme, Luise, dans la folle nuit berlinoise ?

Je plonge toujours avec délice dans un roman de Yannick Grannec, et la première partie de celui-ci m’a plu.

J’ai aimé Josh et son émission de télé-réalité ; sa femme enceinte et son diagramme qui classe les candidats.

J’ai aimé suivre l’enregistrement d’une émission au concept intéressant.

J’ai aimé le père de Josh, peintre qui cultive sa solitude et l’enquête qui le concerne.

Dans la seconde partie : complet changement de décor. Nous sommes au début du siècle en Suisse, puis pendant l’entre-deux guerres en Allemagne.

J’ai moins aimé Magda, son enfance d’hôtel en hôtel au gré des fortunes de son père.

Je l’ai perdu lors de sa formation au Bauhaus puis de son installation en URSS.

L’auteure est tout de même extrêmement documentée sur cette école, ses enseignants et son fonctionnement.

L’image que je retiendrai :

Celle de la peinture réalisée par Paul KLEE de Magda et intitulé Le bal mécanique.

https://alexmotamots.fr/le-bal-mecanique-yannick-grannec/

Les Optimistes

Rebecca MAKKAI

Les Escales Éditions

15,99
26 mars 2020

SIDA

Le roman s’ouvre lors de l’enterrement de Nico : tous ses amis sont là. On découvre chacun, leurs liens.

Les chapitres alternent entre 1985 avec les amis de Nico, et 2015 la vie de Fiona qui tente de retrouver sa fille à Paris.

J’ai aimé Yale, jeune homme amoureux de Charlie ; leur relation de couple basée sur la confiance jusqu’à ce que Charlie fasse le fameux test et se découvre séropositif.

Yale qui tente de mettre sur pied une exposition d’oeuvres hétéroclites d’une vieille dame qui veut en faire don à son musée. Mais sa famille s’y oppose.

J’ai aimé Nora, la vieille dame qui a passé quelques années de sa jeunesse à Paris et rencontré des artistes pour qui elle était modèle. Son amour pour Renko, un obscure peintre qui n’a jamais pu aller chercher son prix de Rome.

Fiona m’a laissé plus distante. Je n’ai pas compris cette jeune fille qui continue d’évoluer dans le cercle de son frère alors que celui-ci est mort, se dévouant littéralement corps et âme à ces hommes en fin de vie.

J’ai finalement compris sa fille, Claire, qui fait tout pour se tenir loin de sa mère, de la fuir.

L’auteure nous décrit ces années de changement du milieu homosexuel avec l’arrivée du SIDA qui bouleverse la donne, tuant des jeunes hommes par milliers dans des hôpitaux où on les rejette.

A travers le personnage de Yale, nous découvrons cette évolution depuis les fêtes tous les soirs, les back-rooms et les saunas jusqu’au remboursement des médicaments par l’assurance santé.

Une fresque passionnante avec des personnages attachants.

Les images que je retiendrai :

Celle des chaussures bleues que Yale récupère chez Nico après son décès.

Celle de la couronne de trombones que Renko fait pour étonner Nora et qu’elle peint sur sa tête en faisant son portrait.

https://alexmotamots.fr/les-optimistes-rebecca-makkai/

Disparaître dans la nature
13 mars 2020

vie moderne

2 récits sur l’anonymat à l’ère numérique dans un même ouvrage : l’histoire d’une traque haletante, la rencontre avec un homme qui a voulu disparaître.

Le hasard a fait que je commence par l’histoire du journaliste Evan RATLIFF qui programme de disparaître pendant 1 mois. Il a soigneusement programmé son coup, et offre 5 000 dollars à celui qui le découvrira.

Les chapitres alternent le récit d’Evan et l’organisation de ceux qui le traque.

Puis je retourne le livre et lit Dans la nature : l’histoire de Matthew Allan Sheppard qui décide de disparaître dans la nature suite à des problèmes dans son travail.

Les deux récits nous montrent que l’on ne peut jamais complètement disparaître dans la nature. On fera toujours un faux pas à plus ou moins long terme, qui nous trahira. Les chasseurs, eux, peuvent faire autant de faux pas qu’ils veulent, ce qui est un rapport de force déséquilibré dès le départ.

Pour changer de vie, il ne faut pas seulement changer de lieu, il faut commencer par se changer soi-même.

L’image que je retiendrai :

Au fur et à mesure des jours, Evan prend des photos de ses transformations physiques.

https://alexmotamots.fr/disparaitre-dans-la-nature-evan-ratliff/