Connemara

Nicolas Mathieu

Actes Sud

  • 16 mai 2022

    Hélène, quarante ans, belle carrière, mariée, deux enfants, est la bobo nancéienne type.
    Christophe, quarante ans aussi, séparé, un enfant, n'a jamais quitté l'endroit où il a passé sa jeunesse et où habitait Hélène.
    Tous deux sont à un tournant de leur vie.
    Ils vont se retrouver, commencer une liaison.
    Autant dire que je me suis copieusement ennuyée à cette lecture.
    J'ai lu 200 pages, puis ai sauté bien des passages pour arriver à la fin.
    On retrouve le pessimisme qui se dégageait déjà de « Leurs enfants après eux ».
    Le manque d'espoir, des personnages désabusés.
    Une société qui laisse insatisfait.
    Hélène m'a été antipathique.
    J'ai eu un peu plus de compassion pour Christophe. Je dis bien, un peu.
    Le tout m'a semblé très long, bien trop long.
    Tout est traité de manière caricaturale, c'est plein de clichés, de redites, de descriptions interminables.
    Un livre qui se veut le reflet d'une société sans beaucoup d'espoir et qui m'a laissé un sentiment de profond agacement.
    J'y ai vu une juxtaposition de clichés plus qu'un ouvrage construit voulant laisser un message.
    Se voulant profond, ce roman m'a semblé superficiel, même dans l'écriture.
    Je ne pense pas continuer avec Nicolas Mathieu.


  • par (Libraire)
    15 avril 2022

    Du Grand Est au Connemara

    La chanson de Michel Sardou, " les lacs du Connemara ", revient à différents moments dans cette histoire étirée sur 25 ans. Elle marque les retrouvailles d'Hélène et Christophe, amis d'enfance. Hélène, après un burn-out, mariée, deux filles, a un poste de consultante et gagne bien sa vie. Christophe, séparé de sa femme, un enfant, commercial, est joueur de l'équipe de hockey d'Epinal. Ils vont vivre une liaison qu'ils n'avaient pas eu à l'époque mais peut-elle être durable ?
    Réflexion sur le mitan de la vie, les complexes de classe, l'ancrage géographique, ici dans le Grand Est.
    Roman attachant.


  • 7 avril 2022

    Nos vies vécues, nos vies rêvées, nos vies empêchées… Tant de justesse et de force bouleversent.
    Un grand roman social, puissant, charnel et mélancolique.

    Sébastien


  • Romance sociale

    Hélène a quitté sa petite ville des Vosges pour étudier et faire carrière après son bac. Des années plus tard, elle revient s'installer à quelques kilomètres de sa ville natale, à Nancy, avec mari et enfants après un burn out qui a rebattu les cartes concernant ses priorités. En effet, si elle possède désormais les codes, les manières, les références des classes supérieures, toutes choses qui l'ont tant fait rêver, l'accomplissement qu'elle en espérait n'est pas au rendez-vous. Christophe lui, n'est jamais parti. Ancien espoir du Hockey sur glace, il s'est laissé bercer par la vie, a laissé les autres décider pour lui. Aujourd'hui divorcé, père d'un petit garçon et vendeur d'aliments pour animaux, il vit avec son père dans la maison de son enfance et profite de quelques soirées biens arrosées avec les copains pour supporter le quotidien. Deux solitudes, deux personnages au mitan de leur vie qui vont croiser leurs espoirs, leurs rêves et leurs illusions dans cette France des régions. Nicolas Mathieu porte un regard juste et sans concession -mais toujours bienveillant- sur ses contemporains, un roman social et réjouissant à lire sans modération...


  • par (Libraire)
    1 mars 2022

    40 ans, l'âge de tous les possibles !

    Si 40 ans est l'âge des bilans et des encore possibles revirements, c'est aussi l'âge des premiers regrets, celui où l'on constate chaque matin que sa jeunesse s'éloigne, celui aussi des responsabilités qu'on a endossées au fil des années pour tenter de coller le mieux possible à ce qu'on pensait être la "réussite".
    Hélène en est là, à ce carrefour de la vie où tout lui pèse de plus en plus, et si elle s'est bien arrachée à son milieu grâce à des études supérieures qui l'ont menée au salaire conséquent qu'elle visait et à
    l'appartement cossu dont elle rêvait, elle se rend compte qu'elle n'en retire qu'une satisfaction superficielle. Au-dedans, c'est le vide sentimental, l'angoisse du quotidien à gérer, la fatigue du boulot où il faut se montrer un peu plus prédatrice et un peu plus rusée chaque jour pour se maintenir à la hauteur des attentes du boss, et des désirs malgré tout encore bien vivants.
    C'est en retrouvant Christophe, un béguin de lycéenne, qu'elle va croire qu'avoir 40 ans ce n'est pas que cela.
    Le sujet du roman pourrait être réduit à cette trame mais ce serait oublier tout ce que Nicolas Mathieu analyse si finement, comme dans ses précédents romans : le monde du travail -ici une société de consulting et le monde des commerciaux-,
    les relations de couple et celles au sein des familles, les soifs de bière et d'autres choses, les amitiés de l'adolescence, ses petites rébellions et ses rêves à assouvir, le quotidien de ceux qui triment. Un très beau roman et du grand style !


  • par (Libraire)
    25 février 2022

    C'est quoi réussir sa vie ? Être à sa place ? Par les voix d'Hélène et Christophe, Nicolas Mathieu interroge sur le temps qui passe, sur cette génération en quête de reconnaissance sociale et en proie à ses contradictions, le tout en chantant Sardou à tue-tête.
    Nostalgique et bouleversant à la fois !


  • 25 février 2022

    Une puissance évocatrice et mélancolique qui ne pourra que vous faire vibrer avec Hélène et Christophe, sublimes et justes héros de ce magnifique plaidoyer pour le mitan de la vie.


  • par (Libraire)
    24 février 2022

    JOIE BONHEUR !!! Le mois de Février qui s'ouvre demain ne pourra pas être mauvais puisqu'il verra la publication de la nouvelle merveille de Nicolas Mathieu : "Connemara" (Actes Sud) ! Très très attendu après "Leurs enfants après eux" (Prix Goncourt 2018), Nicolas Mathieu nous livre à nouveau un formidable, magnifique, merveilleux roman - dépeignant comme personne, à travers les histoires de Christophe et Hélène, les paysages de nos vies contemporaines. Nous n'avons qu'un conseil pour la sortie de ce livre (le 2 Février) : jetez-vous dessus !!!


  • 21 février 2022

    Une peinture sociale très réussie !

    Nicolas Mathieu mène une enquête sociologique sur cette génération qui a pu s’élever dans l’échelle sociale et bouleverser un certain déterminisme en faisant des études pour changer de milieu. Actuellement, on dit transfuge de classe, expression que je n’aime pas, car elle sous-entend la tromperie des deux côtés. Nicolas Mathieu préfère nous décrire, comme un peintre impressionniste, par petites touches, racontant sans colère et sans hargne, le passé pour expliquer leur présent. Du coup, il interroge sur la place qu’on nous assigne, celle qu’on prend ou celle qui nous reste à honorer !


  • par (Libraire)
    18 février 2022

    Transfuges

    Romancier talentueux, Nicolas Mathieu prouve son efficacité à analyser, scruter notre société à travers des jeux de séduction et de pouvoir laissant les failles se creuser et les fossés s'élargir. Ce sont des jeux de rapport dominants-dominés au sein des entreprises, au sein des familles, au sein des couples qui sont scrutés à la loupe. Les codes langagiers, les codes vestimentaires relatés témoignent de notre époque, d'un mode de fonctionnement particulier et autorisent une partie de la population à s'y sentir à l'aise, ou bien à faire semblant tandis qu'une autre frange de la population en est exclue. Roman social fulgurant qui interroge le sens de nos existences et de l'amour au mitan de la vie.


  • par (Libraire)
    15 février 2022

    Au mitan de la vie

    Hélène, 40 ans, occupe un poste à "responsabilités", a une belle allure, deux filles, un mari, une maison d'architecte. Sur le papier (glacé), ça semble être l'idéal. En réalité ça coince, ça achoppe. Hélène aspire à autre chose, avec cette impression amère d'être passée à côté...
    Et puis elle repense à sa jeunesse un peu étriquée dans l'Est de la France et se souvient de Christophe, le tombeur de l'époque. Elle décide alors de le revoir...
    Quel roman ! Quel souffle !
    Nicolas Mathieu est un observateur averti de notre époque, qu'il saisit avec acuité et précision. Les descriptions des personnages sont du même acabit, en très peu de mots, il campe avec justesse ses protagonistes. Le portrait d'Erwan, le « chef » d’Hélène, en est l’exemple parfait : on le voit le type avec sa novlangue performative, ses process et consorts, ses chaussures à bout carré et sa vulgarité. Sans mépris, Nicolas Mathieu brosse les rapports de force, l’humiliation, le cynisme que notre héroïne doit endurer dans son travail…Ce travail qu’elle a ardemment voulu, pour sortir de sa condition sociale et enfin réussir là où ses parents ont échoué.
    Alors survient Christophe, l’antithèse d’Hélène, a priori. Lui aussi a 40 ans, une vie plus modeste dans la ville qui l’a vu naître. Contrairement à Hélène, il ne l’a jamais quittée et ça ne lui pose aucun problème. Nicolas Mathieu va jouer de ces deux tableaux, pour raconter une histoire assez universelle, celle d’une génération de quarantenaires, qui ne peut s’empêcher de faire le bilan à mi-parcours. Et le constat est doucement mélancolique…


  • 15 février 2022

    Terre... Brûlée... Au vent...

    Hélène est cadre dans une boîte richissime qui vend du vent grâce à son jargon imbuvable d'open-space.
    Christophe est un père qui est passé à côté d'une carrière prometteuse de hockeyeur pro.
    Ils ont tous les deux la quarantaine. Ils se sont connus au collège, puis perdus de vue. Et puis les grands questionnements, la vie, le sens qu'on se tanne à lui donner, font bien les choses.

    Roman social doux-amer, d'une génération qui a dansé sur Sardou aux fêtes de famille et a réalisé (trop tard ?) ô combien tous ces mécanismes, toutes ces habitudes, se font souvent prisons.

    Nostalgique et intelligent, un très bon moment de lecture !

    Nicolas


  • 15 février 2022

    Un très grand roman générationnel !

    Qu’est-ce qu’une jeunesse, qu’est-ce que la crise du milieu de vie ?
    Quelles sont les joies adolescentes, quels sont les renoncements d’un(e) quadra ?
    Que sont ces sentiments qui étreignent à 16 ans ?
    Quels sont ceux qui plombent 30 ans plus tard quand le monde du travail et la société ont changé en un claquement de doigts, un clique et la création d’une start-up nation ? Que provoque le refrain d’une chanson de Sardou entendu dans un mariage populaire ou lors d’une fin de soirée à Jouy-en-Josas sur le campus d’HEC ?

    Durant 396 pages, l'auteur vous cueille avec ses héros, Hélène et Christophe, entre Paris et le Grand Est. On le lit comme on regarde dans un miroir ou un album photos. Trois ans après son Goncourt, cet écrivain confirme tout son talent et sa justesse à décrire les choses de la vie (maestro de l’adolescence en littérature !), à faire battre le cœur plus fort. Un très grand roman générationnel !
    Anne-Céline♥️


  • par (Libraire)
    13 février 2022

    Connemara

    Voici une fresque sociétale et intime extrêmement bien réussie. Nicolas Mathieu nous plonge dans les vies d'Hélène, de Christophe et de leurs familles. Tous deux sont autour de la quarantaine qui rime à chacun avec remise en question.
    Hélène a fait des études brillantes à Paris, mène une vie professionnelle bien remplie après un burn out qui la mène à Nancy. Elle a une vie de famille tout à fait classique mais elle s'ennuie.
    Christophe, quant à lui n'a jamais quitté sa ville natale. Ancienne star de l'équipe de hockey, il tente un retour peu convaincant. Son ex-compagne va quitter la région, emmenant leur fils Gabriel de huit ans et son père devient de plus en plus difficile à gérer du vieillissement. Son boulot l'exténue de rouler vers ses objectifs intenables en vendant des croquettes pour animaux.
    Hélène et Christophe vont se re-trouver, de parenthèses sexuelles et amoureuses nécessaires à tenir, à se sentir vivants.
    Mais pour aller vers quoi ?
    Nicolas Mathieu livre une réflexion tenue sur le monde du travail aujourd'hui, sur ce à quoi chacun aspirait, jeune, pour arriver à ce mi-temps de la vie où se posent les questions Pourquoi en est-on là ? De quoi sera fait demain ?
    Le texte et les êtres racontés là sont pleins de nuances, extrêmement vivants et intenses, portés par la vie d'aujourd'hui, dite avec finesse, dans ce monde quelque peu désenchanté.
    Un charme discret et une acuité dans l'écriture de Nicolas Mathieu.


  • par (Libraire)
    12 février 2022

    Toujours dans le décor de l’est de la France, cher à Nicolas Matthieu, nous découvrons l’ambitieuse Hélène, 40 ans, employée d’un cabinet de consulting, dont le couple semble battre de l’aile. Elle se remémore ses souvenirs d’enfance entre Epinal et Nancy : sa meilleure amie et les garçons de l’équipe de hockey. Un roman social mais aussi sur le corps et la sexualité qui met en lumière le contraste entre une France parisienne des écoles de commerce et une France modeste un peu oubliée.


  • par (Libraire)
    8 février 2022

    Passion simple

    Un roman noir adapté avec succès à la télévision, un deuxième roman qui obtient le prix Goncourt, c'est dire si ce troisième roman de Nicolas Mathieu était attendu !

    Le résultat est-il à la hauteur de l'attente? Oui !

    On retrouve des terres et des personnages qu'il connaît bien : l'Est de la France, cette France périphérique, faite de petites villes, où les espoirs et les rêves se heurtent au mur de la réalité, de l'héritage social et des responsabilités, qui viennent trop vite, trop tôt. Mais aussi le milieu de l'openspace, du "benchmark" et des "confcall", ces métiers où aucune faille n'est permise, où il faut se faire toujours plus inhumain.

    Deux êtres, au mitan de leur vie, se retrouvent et avec ces retrouvailles les souvenirs d'adolescence resurgissent. Une passion simple, un pas de côté qui cristallise tous les doutes et les failles de cet âge où l'on subit une double responsabilité: s'occuper des enfants, et désormais aussi des parents.

    Un roman passionnant, sensible, d'une grande justesse qui confirme, s'il le fallait encore, le talent de cet auteur.

    Aurélie


  • par (Libraire)
    5 février 2022

    le Grand roman de l' Année !

    La chronique du livre par l' écrivain Denis Montebello que nous remercions chaleureusement!

    Il suffit qu'un grand-père emmène son petit-fils aux champignons, lui en apprenne les noms, lui montre aussi comment reconnaître, aux traces qu'ils laissent, les animaux, pour que les souvenirs affleurent. Pour que la Moselle se remette à couler, et nos larmes.
    Surtout quand on cueille, dans sa lecture, une phrase comme celle-ci (page74) :
    «Novembre est gris des façades jusqu'au ciel, et la Moselle même n'a plus de couleurs. Sous les ponts, elle coule avec une lenteur d'huile, on dirait des larmes. »
    On passe par la Lorraine, dans CONNEMARA, le nouveau roman de Nicolas Mathieu. On y revient, comme Hélène, ou on y reste, comme Christophe, et quand celle-ci rencontre celui-là, c'est forcément à Épinal, mais avec d'autres images que celles qui ont fait la renommée, sinon la fortune, de cette cité vosgienne.

    Les images sont des passantes, on l'a dit. Georges Didi-Huberman, magnifiquement. Ce sont des passe-murailles. Des symptômes. Des fantômes. Je ne parle pas seulement des noms qui me reviennent, des Poirot ou Marchal que j'ai pu connaître, des Kieffer ou des Trombini, des Müller ou des Scandella, de Golbey que je reconnais dans Cornécourt, à son usine à papier norvégienne, à son odeur d'oeuf pourri, des quartiers comme le Saut-le-Cerf, Poissompré où il y avait déjà la patinoire, de la rue où les Brassard ont leur belle maison, des Murmures où j'entends des Soupirs, des tofailles qu'on mangeait sans le savoir, du pâté lorrain du dimanche ou de la tarte aux mirabelles, mais aussi d'allers, avec notre « transfuge de classe », du bel aujourd'hui aux tristes « années sépia ». Et retours à la galerie désertée, aux centres-villes qui se vident au profit de la périphérie.

    Et de ceux qui, dans le considérable open space de leur cabinet de consulting, accompagnent, hâtent quand il le faut, « à l'aide de quelques verbes du premier groupe » et en multipliant les « anglicismes prophétiques », l'invention d'une région. Le passage de la Lorraine au Grand Est. Qu'ils peuvent remercier. Avec des rimes riches. Tant pis pour les pauvres que ça enfonce dans la misère ou pousse vers les marges. Tant pis pour les centres-villes en déshérence et tant mieux pour les centres commerciaux qui prospèrent.

    Il y a le centre, l'épicentre comme disent ceux qui voudraient bien chanter à nouveau Le commerce à Épinal c'est génial, un tube des années quatre-vingt mais moins connu que Connemara, et que plus personne n'oserait reprendre, même pour un mariage ou dans un karaoké, qui peut croire à ça, qu'un nom peut arrêter l'hémorragie, empêcher que les centres-villes ne se vident au profit des zones d'activités. Des zones pavillonnaires qui champignonnent sur le pourtour.

    Qui peut croire que ça reviendra, les Trente Glorieuses ou nos années sépia ? Qui, en dehors d'Hélène quand elle pense au début, en rencontrant Christophe, retrouver sa jeunesse ?

    Mais je ne veux pas raconter la suite, spoiler un roman remarquablement écrit, dans un style à la fois flaubertien et cinématographique, avec des techniques que Nicolas Mathieu maîtrise parfaitement, avec aussi ce qui crève l'écran, ce qui en sort pour nous toucher en plein cœur. Un roman mérovingien -au sens proustien du terme-, et à la pointe de l'époque. Avec des trouvailles à chaque page, des inventions qui ne plairont pas seulement aux chasseurs de champignons, aux collecteurs de traces, des cueillettes qui feront notre lecture miraculeuse. Notre présent réminiscent et terriblement jouissif.


  • 2 février 2022

    Nicolas Mathieu nous emmène encore une fois dans sa Lorraine natale, à la découverte de la France d'aujourd'hui et de ce curieux lien qui nous unit tous, celui qui nous fait chanter Les Lacs du Connemara en cœur. Serait-il encore meilleur que son Goncourt ? Le débat est ouvert...


  • par (Libraire)
    2 février 2022

    Nos vies sans romance

    Avec ce formidable roman, Nicolas Mathieu raconte le quotidien banal de deux quadragénaires, transfuges de classe.
    Un banal merveilleusement décrit, qui devient essentiel et raconte en fait nos propres vies. De l'adolescence à la quarantaine.

    Un implacable constat social.

    Chronique complète :

    Elle s’appelle Hélène. La quarantaine arrive et avec l’âge, le temps des tourments. Un mari encore séduisant, deux enfants, un métier bien rémunéré, une belle maison. Mais le monde chancelle. Un mal être s’installe dans un emploi du temps surchargé. La réussite sociale semble actée. Et pourtant.
    Il s’appelle Christophe. Il est à peine plus âgé. Il est en instance de séparation et risque de perdre la garde alternée de son enfant suite au déménagement de son ex. Il n’a pas trop mal réussi en devenant représentant en nourriture pour chien. Il fut surtout une gloire locale du club de Hockey sur glace. Deux potes, son père avec qui il vit. Une petite existence normale. Et pourtant.
    On devine la suite: Hélène et Christophe, vingt ans après le lycée, vont se revoir, se retrouver comme au temps de l’adolescence. Et peut être plus. L’histoire est banale, prévisible, attendue. Une romance sociale. Et pourtant.

    Pourtant le talent de Nicolas Mathieu change tout. Avec « Leurs enfants après eux », Prix Goncourt 2018, le Vosgien racontait le roman de l’adolescence, d’une jeunesse en difficulté d’une vallée perdue dans l’Est de la France. Cette fois-ci c’est la vie d’adultes du côté de Nancy, qu’il décrit avec une précision de sociologue mais une attention de romancier. Il a les mots pour dire le quotidien, avec un réalisme et un naturel exemplaires. Il nous emmène avec lui dans l’arrière salle d’un café d’Epinal, racontant les clients, leurs propos, leurs silhouettes. On est dans la cuisine des parents d’Hélène, adolescente, entre une mère éprise de ménage et un père occupant ses loisirs à bricoler ici ou là pour arrondir les fins de mois. Comme une caméra cachée, Nicolas Mathieu nous dit la vie quotidienne avec la justesse du vécu. Annie Ernaux, de manière autobiographique raconte sa classe sociale d’origine, Olivier Adam dit de manière romancée sa vie d’avant à la lisière des grands ensembles. Nicolas Mathieu nous parle avec Hélène d’une transfuge de classe qui s’est appropriée les codes de la moyenne bourgeoisie. Si Hélène et Christophe sont issus du même milieu, ils ne sont plus du même monde. Nous sommes dès lors loin de la romance sociale mais dans une banale réalité qui dit beaucoup. Qui dit tout.
    Ce ne sont pas forcément la voiture, les meubles, les loisirs qui font la différence mais d’abord, les mots, le langage.
    C’est par les mots, les attitudes que l’on se compare car finalement ce sont ces apparences qui distinguent les gagnants et les perdants plus qu’une différence de mode de vie réel. La quarantaine arrivée les difficultés d’exister, d’aimer sont identiques que l’on boive de la bière dans un petit troquet ou du champagne dans un open space.

    On se demande si Nicolas Mathieu n’a pas été adolescente, jeune fille, dans une vie antérieure. Les pages consacrées à la jeunesse de Hélène et Charlotte, sa meilleure copine, sont parmi les plus belles du roman. Nicolas Mathieu est le meilleur conteur de l’adolescence. Mais aussi de la quarantaine. Connemara commence avec cette phrase: La colère venait dès le réveil. Une colère qui dit tout de trajectoires de vie qui s’essoufflent à la recherche de plus de bonheur, de moins de malheur. D’un sens à donner à une deuxième et dernière partie de l’existence.
    Pour connaître l’état d’une nation à un moment donné on peut lire un livre sociologique et statistique comme « La France sous nos yeux ». On peut aussi lire le dernier roman de Nicolas Mathieu, remarquable texte qui nous dit une fois encore la vie « normale » de citoyens « normaux », ancrés dans notre siècle. Et terriblement attachants.


  • par (Libraire)
    1 février 2022

    Avec Connemara Nicolas Mathieu renoue avec le récit social. Situé dans l'Est de la France comme l'était "Leurs enfants après eux" ( Prix Goncourt 2018) il s'arrête sur les destins d'Hélène et de Christophe qui devenus adultes s'interrogent sur leurs choix de vie et leurs trajectoires.
    Ont-ils faits les bons? Sont-ils heureux? Nostalgiques d'une adolescence idéalisée ils essaient de recoller les morceaux et de se retrouver mais leurs désirs profonds se transforment souvent en désillusion.
    Nicolas Mathieu décrit la médiocrité humaine et ses failles avec intelligence et perspicacité


  • par (Libraire)
    1 février 2022

    Nicolas Mathieu a cette capacité à décrire et à saisir des territoires, à brosser des portraits qu'ils soient humains ou professionnels.
    Dans Connemara, il accompagne la trajectoire d'Hélène et de Christophe . Tous les deux sont nés au même endroit. Tous les deux ont fait des choix ô combien différents et tous les deux se retrouvent alors qu'ils ont une quarantaine d'années. L'âge du bilan et des projections.
    Au-delà de la langue et des procédés stylistiques impeccables, on se dit que Nicolas Mathieu a beaucoup écouté, beaucoup respecté et beaucoup aimé pour être toujours aussi juste.


  • par (Libraire)
    31 janvier 2022

    Après ses années d’études et ses débuts professionnels à Paris, Hélène est revenue avec mari et enfants dans sa région natale. Par hasard elle croise Christophe star de ses années d’adolescence. Qu’est-il devenu lui qui n’a jamais quitté son village ? A travers le parcours de ces 2 personnages, Nicolas Mathieu interroge le déterminisme social et le fossé creusé par les années. Un très beau roman sociologique dans la lignée de Leurs enfants après eux. Tendre, émouvant, drôle : un beau coup de cœur !
    Valérie


  • par (Libraire)
    28 janvier 2022

    Coup de coeur de Rémi

    J'attendais beaucoup de ce nouveau roman, après la bombe Leurs enfants après eux, Prix Goncourt jesaisplusquand, qui donnait un portrait tellement beau, tellement juste, des années 90 en Lorraine...

    Avec Connemara, Nicolas Mathieu convoque, vous l'aurez deviné avec le titre, toute la culture populaire qui rythme, qu'on le veuille ou non, la trame de nos vies.

    Nous sommes dans les Vosges, de nos jours. Christophe a 40 ans, regrette un peu le temps de sa gloire dans l'équipe locale de hockey, et son quotidien est rythmé par son boulot (commercial), les temps passés avec son fils quand il n'est pas avec sa mère, ses copains.

    Hélène aussi a ses 40 berges. Ils fréquentaient le même lycée, mais la vie les a séparé bien vite. Elle, revancharde, a tout réussi : même une carrière à Paris. Après un burn out, elle est revenue sur Nancy avec son mari et ses deux filles, pour continuer son boulot dans une boîte de consulting.

    La vie se chargera de croiser leurs destins, pour une histoire d'amour sincère et salvatrice.

    Un roman effarant, étonnant, d'une infinie richesse et d'une grande justesse, qui vous mettra, je vous le promets, le coeur en vrac.

    L'écriture de NIcolas Mathieu n'en finit pas de me fasciner, et le roman, lu il y a un mois, me revient encore régulièrement à l'esprit.
    Une saveur persistante,, donc : le signe des très grands crus.


  • par (Libraire)
    25 janvier 2022

    Une romance désenchantée et mélancolique, ce foutu temps qui passe et qu'on ne rattrape plus.
    On retrouve la patte de l'auteur, son aisance à raconter une histoire sur fond de roman social, la force d'incarnation de ses personnages, la retranscription de ces instants de vie qui résonneront forcément chez beaucoup de lecteurs.
    Nicolas Mathieu confirme qu'il est peut être aujourd'hui l'auteur français qui capte le mieux le pouls de son pays et ses multiples fractures.