Elizabeth P.

30 septembre 2022

Après avoir lu l'an dernier « Et soudain la liberté », d'Evelyne Pisier et Caroline Laurent, je me souviens de mon admiration pour la vie d'Evelyne Pisier et de mon malaise, ayant ensuite entendu l'affaire Duhamel.
Si pour moi, ce fut un malaise, pour Caroline Laurent ce fut un cataclysme.
Une amitié très forte était née entre elle et Evelyne Pisier malgré leur différence d'âge.
Avec l'accord et la bienveillance de Mr Duhamel, elle avait terminé seule le livre après la mort de son amie.
Elle avait adopté cette famille comme une seconde famille.
Alors quand le 4 janvier 2001 elle apprend la nouvelle, la « catastrophe », son monde s'écroule.
C'est comme si Evelyne mourait une seconde fois.
Comme si leur amitié mourait
 Le monde autour de moi avait changé de visage de substance. Les nuits avaient disparu. Demeurait cette question : peut-on être complice de quelque chose qu'on ignore ? »

« L'amitié foudroyée, la confiance broyée »

« Comment écrire après ça ?
Et qui me lira encore après ça? »

« …. la confiance sabotée, je ne fais confiance à personne, surtout pas à moi-même, fleurs et couronnes sur le Sentiment, c'est fini pour moi, je suis tombée dans un trou............ »

C'est l'effondrement total.
Et comme je la comprends !
La trahison en amitié, peut-être plus, ou du moins autant qu'en amour , est une catastrophe dont on ne se remet pas.
Quand on a été trahi, il est quasiment impossible de redonner un jour sa confiance à quelqu'un.
Beaucoup de choses sont modifiées dans la vie de Caroline Laurent.
Au fil des mois elle tente de se reconstruire, de ré-appréhender sa vie.
Et même si quelque chose est brisé à tout jamais en elle, je lui souhaite de se réapproprier sa vie le mieux possible et de continuer à nous enchanter de sa sensibilité et de sa si belle écriture.

premier roman

Grasset

20,90
26 septembre 2022

Dans les années 70, des tours ont été construites dans le XIIIème arrondissement .
Une majorité d'asiatiques s'y installe.
Mais aussi quelques roumains, polonais ou sénégalais .
Un livre qui commence d'une façon étrange.
N'en connaissant rien je ne savais à quoi m'attendre.
On dirait une étude journalistique, un article sur Les Olympiades, cette construction architecturale particulière.
Des notes très précises renseignent le lecteur.
J'ai peur de m'ennuyer un peu.
Et puis, voilà la rencontre avec certains habitants.
Et la lecture devient un régal.
La vie de ces migrants vietnamiens nous enchante.
Les raisons de leur exil, les difficultés de leur adaptation, le devenir de leurs enfants.....
C'est passionnant.
Et ça se termine par un récit visionnaire sur le devenir de ces tours en 2045.
L'écriture est juste parfaite.
Précise, intelligente, sensible.
On sent la journaliste derrière la romancière.
La construction originale permet de se repérer dans les personnages et les époques.
C'est un roman sociétal, historique où se mêlent humour, romance, humanité...
les thèmes y sont nombreux, en particulier l'immigration et le racisme.
Les personnages très variés sont tous d'une grande crédibilité.
Des personnages qui se frôlent et ne se rencontrent parfois jamais.
Un premier roman riche et intense que je suis ravie d'avoir découvert.

MARAbulles

19,95
5 juillet 2022

Mémoire cellulaire ?

Charles, homme d'affaire hyperactif subit une transplantation cardiaque.
Quelques mois plus tard, il se sent étrange.
Des visions d'une femme le poursuivent.
Voilà un sujet assez inattendu en bande dessinée.
J'ai pensé à Charlotte Valandrey, à son histoire et à son livre « De cœur inconnu »
Voilà une histoire un peu similaire en version roman graphique.
Outre l'histoire en elle-même, se pose la question de la mémoire cellulaire.
Le texte est plutôt succinct mais efficace.
A la romance se mêlent des explications scientifiques.
Le texte et les dessins se complètent parfaitement.
Les dessins sont gris ou noirs pour la plupart et les quelques touches de couleur qui apparaissent parfois sont du plus bel effet.
Je les ai trouvés très beau (sauf peut-être les visages)
Un plus à cet ouvrage, les cinq pages de documents et de renseignements sur les dons d'organes sont instructives et peuvent se révéler très utiles.

15 juin 2022

Amy, 12 ans, n'est pas très bien.
Sa meilleure amie s'est faite écraser, ses parents sont basiques de chez basiques, et sa sœur est partie depuis un an à Los Angeles pour devenir playmate.
Alors un beau matin, elle décide d'aller rejoindre sa sœur.
Mais de Philadelphie à Los Angeles, ça fait traverser tous les États- Unis.
Elle n'a pas froid aux yeux, elle part en stop.
J'ai lu ce roman pour trois raisons :
j'avais lu et aimé Alabama 1963
les auteurs habitent près de chez moi
il était présenté à la bibliothèque.
Je m'attendais à un livre dans le genre du premier.
Or il n'en est rien.
On a plutôt affaire ici à un beau conte, une sorte d'Alice au pays des merveilles version contemporaine et plus classique.
Elle va en faire des rencontres cette petite fille !
Quelques mauvaises mais beaucoup de bonnes.
Vus les personnages avec qui elle partage sa route, on pourrait penser qu'elle fait un long, très long rêve éveillé.
L'écriture est simple, facile à lire et essentiellement composée de dialogues, ce qui lui donne un côté très vivant.
Ce n'est pas un coup de cœur, mais c'est un roman attachant lu avec plaisir.

Grasset Jeunesse

16,00
7 juin 2022

La famille Falla quitte l'appartement de Paris pour s'installer en Bretagne.
La petite Marie découvre émerveillée la maison au volets bleus, le jardin, et surtout..... la mer.
Elle est fascinée et un peu effrayée à la fois.
Si je n'ai pas été convaincue par les romans pour adultes d'Isabelle Carré, j'ai trouvé beaucoup de points positifs à cet album pour enfants.
C'est mignon et très touchant.
Cette petite fille qui apprivoise la mer est émouvante.
Les dessins accompagnent parfaitement le récit.
Ils sont au début en gris et blanc et prennent de la couleur au fil des pages.
Le tout est empreint de poésie.
Un joli album qui pourra séduire de nombreux enfants j'en suis sûre.