Florence R.

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Christian Bourgois

21,00
par (Libraire)
29 novembre 2021

Une lecture mémorielle

Années 60, Siméon, un Noir américain, fuit les États-Unis en proie à un racisme violent. Il vient se réfugier à Paris, dans le quartier de Saint- Germain-des-Prés, haut lieu de la vie intellectuelle et bohème. C’est foisonnant, et Siméon s’y plaît déjà. Jusqu’au jour où il se trouve confronté au racisme envers les Algériens alors que la guerre d’Algérie fait rage.

Et là, la bascule. Il prend soudainement conscience des ravages de celle-ci et de ce racisme patent et assumé. Même au sein de la diaspora américaine qu'il côtoie, la plupart préfère vivre dans le déni ou l'indifférence, car ils ont trop souffert de la discrimination. Ils veulent enfin vivre, et goûter à une insouciance dont ils ont toujours été privés.

C'est ce hiatus qui est bien rendu. Ce mouvement de balancier perpétuel dans lequel Simeon tâche de trouver une place. La rencontre avec Ahmed, son alter ego, sera alors décisive. Le doute n'est plus, il prendra fait et cause pour les opprimés.

Ce roman est très intéressant. Il met en évidence les injustices, les persécutions et les crimes commis en toute impunité (dont le terrible 17 octobre 1961), et traite avec justesse du racisme dans son acception la plus large, sans jamais tomber dans les raccourcis faciles.

par (Libraire)
26 novembre 2021

Une dystopie terriblement addictive !

Partant de la dystopie, la fuite pour survivre tant bien que mal dans un univers tout aussi hostile, Diane Cook embarque le lecteur dans une histoire à visée universelle.
Les liens familiaux survivent-ils à tant de contraintes ? L'instinct de survie supplante t'il toute humanité ? L'humain est-il encore capable de se coltiner avec la nature ?
L'auteure dépeint très bien les relations humaines dans un cadre contraint. Les rapports de force, le besoin irrépressible de tout régenter, le chacun pour soi qui finit par prédominer, la dureté des sentiments pour endiguer la peur.
Et puis ce fil rouge, le lien « à la vie à la mort » d'une mère et de sa fille. Tout aussi féroces chacune dans leur genre, le lecteur est suspendu à leurs réactions tant elles sont imprévisibles...Au fil des pages, la tension monte à tel point qu'il devient impossible de lâcher le livre !

22,50
par (Libraire)
18 novembre 2021

Une maison désirée, voulue, rêvée qui se transforme peu à peu en une maison honnie, et le symbole de souffrances indignes. Carmen Maria Machado raconte son histoire. Celle d’une femme éperdument amoureuse d’une autre femme, tout aussi aimante jusqu’au jour où cette dernière devient mauvaise, avec tout ce que ça charrie comme sentiments vils et nauséabonds. Jalousie, violence physique et verbale, cruauté…
Pour en parler, l’auteure convoque avec grande maîtrise différents genres littéraires, du fantastique au « livre dont je suis le héros », elle joue avec les codes pour restituer cette relation perverse, dont la narratrice peine à s’extirper, tant l’emprise est insidieuse et perverse.
Par ce procédé, Carmen Maria Machado livre là un témoignage fort, saisissant, et qui fera date.

Anna De Sandre

Manufacture de livres

18,90
par (Libraire)
18 novembre 2021

Un premier roman crépusculaire

C’est l’hiver à Villebasse, petite ville du Sud-Ouest de la France, un hiver rude et particulièrement rigoureux s’est abattu sur ses habitants, déshérités pour la plupart.
Leur vie est âpre, la violence, la précarité, la maladie se sont emparés d’eux, leur laissant peu d’espoir pour un avenir meilleur. Alors ils font ce qu’ils peuvent chacun à leur manière…L’arrivée d’un chien errant, tantôt protecteur, tantôt indifférent, ne fera que renforcer le profond désarroi de ces hommes et femmes esseulés.
Mêlant les genres littéraires avec finesse – du roman social au roman noir, en passant par le fantastique voire la fantasmagorie, Anna de Sandre réussit à instaurer un climat étrange dès les premières pages. On est comme saisi, dans l’expectative. Le rythme dans l’écriture renforce cet aspect-là, d’abord sinueuse et poétique, l’écriture devient par la suite plus mordante et plus terrible aussi, tant les personnages qu’elle décrit sont pathétiques et brisés.
Un premier roman crépusculaire, qui vous saisit par son étrangeté.

22,80
par (Libraire)
18 novembre 2021

Bienvenue à Quality Land !

Quand les superlatifs (de préférence avec la terminaison -issime qui ne fait qu'accentuer l'emphase) sont légions, et que votre patronyme est remplacé par la profession de votre père ou de votre mère, vous pouvez craindre le meilleur ou le pire !
Bienvenue à « Quality land », un endroit où il fait bon vivre. Tout est sous le contrôle des algorithmes donc plus besoin de penser. Il suffit juste de suivre le mouvement à condition d'obtempérer et d'évaluer en permanence son "assistant numérique personnalisé". Alors quand un personnage un peu en marge, Peter Chômeur fait acte de résistance, on se dit que tout n'est pas perdu !
Drôle, sarcastique, truffée de trouvailles hilarantes, et parfois pas si loin de la réalité (cf le placement de produits poussés à son paroxysme) Marc-Uwe Kling signe la une satire bien sentie d'une société un poil trop connectée.

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