Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar

Antoine Choplin

Fosse aux ours

  • 16 mai 2019

    Dissidence

    Tchécoslovaquie, avant l’emprisonnement de Vaclav Havel.

    Dans une petite ville de province, lors d’une représentation d’un de ses spectacle, il se lit d’amitié avec Tomas Kusar, simple cheminot qui aime photographier les écorces d’arbres.

    Petit à petit, au fil des années, Tomas devient actif dans le mouvement dissident mené par Havel. De petites choses : poster des lettres, recopier des textes, et les cacher. Mais cela lui vaut tout de même des interrogatoires et la surveillance de la police.

    Jusqu’au Grand Soir.

    J’ai aimé suivre Vaclav, de loin.

    J’ai aimé le parcours de Tomas, si peu politique et pourtant si engagé, pour ses ami(e)s.

    Lenka, son amoureuse, m’a fait de la peine, jeune fille si pleine d’avenir pourtant.

    Un texte minimaliste, comme toujours avec Choplin, une prose qui va à l’essentiel.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des photographies de Tomas : au départ, des écorces d’arbres, puis, au fur et à mesure de son engagement, des hommes.

    https://alexmotamots.fr/quelques-jours-dans-la-vie-de-tomas-kusar-antoine-choplin/


  • 22 avril 2017

    coup de coeur

    Vous le savez tous, il est de ces auteurs qu'on retrouve de roman en roman avec le même plaisir que si on retrouvait un ami. C'est exactement le cas pour moi avec Antoine Choplin. Découvert avec Le Héron de Guernica, j'ai commencé à adorer sa plume avec La nuit tombée, que j'étais même persuadée de retrouver dans la liste du Goncourt. Naïve que je suis, j'avais oublié qu'il n'était pas dans une grande maison d'édition. C'est le cinquième roman que je lis de lui (et la bonne nouvelle, c'est qu'il m'en reste encore) et si j'ai tout aimé, il y a des romans qui me touchent plus que d'autres. J'ai retrouvé dans Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar l'émotion éprouvée à la lecture de La Nuit tombée. Dans un style épuré, Antoine Choplin décrit une amitié qui se tisse, qui s'approfondit, qui doute ou qui faille parfois. Il est assez rare que je ne puisse expliquer ce qui me plait dans une écriture et pourtant, j'éprouve cette même difficulté à chaque fois que j'écris un billet sur un roman de cet auteur. Suffit-il de dire que j'aime beaucoup pour vous donner envie? J'ai envie de croire que oui. Je suis ravie de savoir que le festival Terres de Paroles normand me donnera l'occasion de le rencontrer plusieurs fois et même de partager une randonnée en forêt autour de ses lectures. J'espère qu'il finira par avoir enfin la visibilité qu'il mérite dans les média, il mérite par exemple amplement une invitation à La Grande Librairie.


  • par (Libraire)
    1 février 2017

    Tout simplement magnifique !

    Tchécoslovaquie. La rencontre entre deux hommes, une amitié forte et sincère. Voguant entre réalité historique et fiction, un récit profondément touchant, généreux, une écriture délicate, élégante pour évoquer l'amitié et les parcours d'hommes et de femmes engagés pour les libertés.


  • par (Libraire)
    16 janvier 2017

    Une indéfectible amitié

    Que peut la littérature ? À cette question dont il semble impossible de faire le tour, Antoine Choplin y répond par la littérature elle-même, en dressant le portrait de Tomas Kusar, garde-barrière Tchécoslovaque, homme ordinaire, anonyme, humble et modeste dont la vie bascule, tendant vers un horizon de liberté, le soir d'une représentation théâtrale d'une pièce de Václav Havel et de sa rencontre avec l'auteur dissident. Une amitié indéfectible se noue entre les deux hommes. Leur courage et la force de cette amitié participeront au basculement de l'Histoire vingt ans plus tard.
    Avec une grande sobriété de style et une élégante retenue, reflets de son personnage, Antoine Choplin égrène en quelques jours soigneusement choisis la vie de Tomas Kusar : une résistance au quotidien, un quotidien de la résistance. En creux, il ébauche subtilement le portrait de Václav Havel, sa capacité à entraîner avec lui, à faire naître une amitié indéfectible, malgré les risques encourus.
    Si l'engagement politique est ressenti et partagé, c'est l'amitié entre les deux hommes et la fidélité à cette amitié qui prévaut. L'engagement est un engagement de l'un envers l'autre, une attention permanente que l'on porte à l'ami, malgré les doutes qui parfois poignent devant les menaces et les humiliations du pouvoir autoritaire, les risques d'emprisonnement. Václav Havel, incarcéré, n'y échappera pas.
    Mais jamais Tomas Kusar ne se départira. Il restera fidèle à lui-même, toujours attentif aux autres comme il l'est aux arbres et à leurs écorces qu'il photographie modestement. Ses mots sont rares, il ne discourt pas, mais ses gestes sont attentionnés et son regard perspicace et profond. De son humilité et de sa simplicité, il tire sa force et son courage, restant fidèle à sa propre histoire jusque dans la victoire.
    Dans la lignée de ses textes précédents, Antoine Choplin fait œuvre et livre un roman d'une grande force qui interroge le lecteur sur la capacité de chacun à résister et à agir, aussi modestement soit-il, face à l'inacceptable.


  • par
    11 janvier 2017

    Beaucoup de douceur, d'humanité, de tranquillité dans ce roman qui pourtant parle de dissidents, de gens qui s'opposent au pouvoir en place et qui sont arrêtés, interrogés, emprisonnés. Mais leur soif de liberté est plus forte, ils courbent l'échine, le temps que l'orage passe et qu'ils puissent se relever sans crainte. Pas pour revendiquer une quelconque fierté ou de vagues avantages le jour où leur combat sera gagné. Non, Tomas est modeste, discret et le restera jusqu'au bout. Lui, c'est un homme de la nature, il aime les arbres, les fleurs, il photographie les écorces simplement sans se douter que ses clichés peuvent être formidables. Antoine Choplin écrit admirablement ces passages : "Les blessures d'écorces, voilà ce à quoi il se consacrait ces derniers temps lors de ses promenades, photographiant les plus singulières d'entre elles. Discrètes ou béantes, sculptées en relief ou en creux, traits d'élégance ou plaies difformes. Et c'est au tronc des bouleaux, clair et soyeux, qu'elles lui semblaient, plus que sur les autres essences, prendre toute leur force." (p.79/80).

    D'une manière générale, ce roman est beau, humain, foncièrement humain : Vaclav et Tomas se parlent peu, tout passe par la description de leurs attitudes, pas les non-dits. C'est une amitié forte qui se forge dans des moments difficiles. Naturel aussi, j'en parlais plus haut, car Tomas ne peut rester loin de la forêt. Il ne peut respirer que s'il y a des fleurs, des oiseaux et/ou des arbres autour de lui. Tout découle naturellement dans l'ouvrage, comme si le romancier se contentait de nous relater des évidences, . La simplicité en littérature demande du travial et n'est pas le plus aisé à obtenir, Antoine Choplin y parvient. On a l'impression qu'il nous chuchote son texte à l'oreille ou qu'il le lit tout bas à quelques privilégiés rassemblés dans une pièce confortable. Un tel roman si sensible, si humain, si discret, si simple ne peut se déclamer, il nécessite du calme. Tout cela est étonnant parce que le thème n'est pas particulièrement joyeux et calme, Vaclav Havel a quand même fait des séjours en prison, ses camarades itou, mais sans rien occulter et en ayant l'impression qu'il en dit peu, Antoine Choplin réussit cette prouesse.

    Bon, j'arrête là, parce que je sens que je vais partir dans une dithyrambe tant je suis encore sous le charme...