La Nuit tombée sur nos âmes

Frédéric Paulin

Agullo

  • 7 octobre 2021

    police, violence

    Ouvrir un roman de Frédéric PAULIN, c’est s’approcher de la violence des hommes. Et avec son dernier roman, l’auteur nous plonge au coeur du maelstrom.

    Il y a Wad, de son prénom Chrétien (il y a des parents bizarres tout de même….), thésard mais surtout trotskiste.

    Lors d’une manif, il sauve Nathalie, elle plutôt toto, comprenez (si vous êtes néophyte comme moi) mouvance autonome.

    Pour l’anecdote, j’en étais restée à la querelle Trotski-Staline et au meurtre du premier. Après, je n’ai plus suivi les divergences de doctrines. Je ferme la parenthèse.

    Ensemble, ils vont grossir les rangs du contre-G8 du Gênes de juillet 2001. Ils rejoignent les Tute Bianche (les tuniques blanches), mouvement de résistance passive qui disparaitra à cette occasion. RIP.

    Il y a Génovéfa, la journaliste du JDD qui décide de couvrir l’événement, en ayant assez de couvrir de faux événements, comme le dernier vol du Concorde.

    Il y a Laurent Lamar, le communiquant de l’Elysée qui voue un culte à Jacques Chirac (et oui, à l’époque, c’était encore le pantagruélique président), et qui va se retrouver entre le marteau et l’enclume, comprenez entre la DST et la sécurité italienne et son retors Calvini.

    Carli, chef du service d’ordre, et aimant l’ordre à la fasciste, fait déployer l’équivalent des forces spéciales dans la ville de peur des débordements.

    L’action se déroule en juillet, sous un soleil torride qui échauffe les esprits.

    Si j’ai eu un peu de mal avec les différents acronymes et factions gauchistes de la lutte contre la mondialisation, l’auteur a fini par m’entraîner au coeur de ces jours fatidiques qui, s’ils n’ont pas changés la face du monde, lui ont mis un sacré coup.

    Mais à quels prix : des jeunes adultes brisés physiquement et mentalement.

    Car si certains personnages disent éprouver du plaisir à casser les magasins de la Grande Consommation et autres banques, ce sont avant tout des enfants idéalistes qui ne méritaient pas de tomber face à des fascistes déchaînés avançant eux aussi en meute.

    J’ai aimé l’ironie de l’auteur : Et tout ça se déroule sous un soleil magnifique, le bleu du ciel est cinégénique. Il fait si chaud, la mer doit être agréable. (p.22)

    Le style est concis, les phrases s’enchainent vite, comme si il y avait une certaine urgence à raconter.

    Pendant ma lecture me revenaient en mémoire les émeutes des gilets jaunes, le déchainement de violence de part et d’autre.

    Comme si nous étions condamné à cette violence pour nous faire entendre.

    Une citation :

    On entend partout « La violence, c’est mal. ». Qui nous vend ce discours à ton avis ? Ben moi je vais te le dire : ce sont ces huit mecs barricadés dans la zone rouge en ce moment. Les huit mecs les plus violents du monde. (p.179)

    L’image que je retiendrai :

    Celle des coulées de sang sur les murs de l’école Diaz dans laquelle les manifestants ont été pris au piège à minuit.


  • par (Libraire)
    17 septembre 2021

    A l'occasion du G8 de 2001, 500 000 personnes manifestent à Gênes et subissent de plein fouet la répression policière italienne. 9 jours vertigineux et destructeurs à travers les yeux de ceux qui ont reçu les ordres et ceux qui les ont subis.
    Entre dissensions politiques des altermondialistes, "néo-fascisme" policier, manoeuvres politiques mortifères et inconscience générale.
    Une "fiction documentaire" essentielle, d'un événement oublié.


  • par (Libraire)
    25 août 2021

    Conseillé par Guillaume

    Une odeur de poudre et de lacrymogène nous guette dès l'ouverture de ce polar social. L'auteur aborde le G8 de Gênes en 2001 en nous plongeant la tête dedans. Autant du coté des "participants" que de celui des "opposants". Et une fois l'histoire enclenchée, cela va crescendo. Rien n'arrête la montée en puissance de L'Histoire en action, jusqu'à la nausée des actes réels.
    Frédéric Paulin nous rappelle de façon puissante et dérangeante des événements oubliés qui peuvent être la génèse de certains futurs.


  • 16 juillet 2021

    Au centre du monde....

    "La situation devient ubuesque se dit Wag : des flics, une journaliste, un traître et une pure et dure vont tranquillement se balader au milieu du black bloc, et tout va bien ?" En ce mois de juillet 2001, les chefs d'État des huit pays les plus riches se retrouvent au G8 de Gênes. En marge du sommet, une terrible répression policière s’abat sur les nombreux manifestants altermondialistes venus défendre une autre vision du monde. Parmi eux, Wag et Nathalie, militants français de l'utra-gauche, Martinez et Cazalon, agents de la DST infiltrés, et Génoféva, journaliste au JDD, racontent la folie de ce moment anti-démocratique et "Hors du temps"...