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Robert D.

Underground railroad
8,20
15 juin 2020

Underground railroad

UN SUPERBE ROMAN! Souvent inconfortable, peut-être même parfois insupportable, irrespirable, mais… indispensable, incontournable, lu en un temps où aux États-Unis un policier blanc assassinait un énième homme noir.

Underground Railroad, "le chemin de fer clandestin", ne possède ni gares, ni rails, ni quais, ni trains, ni chefs de gare… Il s'agit en fait d'un réseau de routes et chemins, doublé d'une organisation d'hommes et de femmes qui, durant le 19e siècle, ont activement aidé des esclaves venus d'Afrique à s'enfuir… Suivant les États, ces blancs, qui croyaient en un monde plus juste, risquaient leur vie à tout moment, lynchage ou pendaison assurés en cas de dénonciation.

Arnold Ridgeway est un fils de forgeron. À 18 ans, il devient chasseur d'esclaves. Impitoyable monstre de cruauté, il est considéré comme infaillible et sème la terreur autant parmi les esclaves que parmi ceux qui les aident, depuis la Géorgie jusqu'à New York.

Cora a 16 ans. Esclave dans une immense plantation de coton de Géorgie, elle a été abandonnée par sa mère qui a réussi à s'enfuir. Battue, fouettée plus souvent qu'à son tour, violée, affamée, elle accepte un beau jour de suivre un jeune garçon, Caesar, esclave comme elle, dans une fuite désespérée.. Après quelques jours d'une course folle et épuisante dans les marais pour s'éloigner le plus vite possible de la plantation, - s'ils étaient repris, ils seraient torturés puis mis à mort - , ils trouvent leur première "gare" et rencontrent leur premier "chef de gare".

C'est un roman fort où la peur est bien présente, où même les périodes calmes et tranquilles laissent traîner un sentiment d'inquiétude. Un roman qui nous rappelle toutefois que… à une époque pas si lointaine, des hommes achetaient d'autres hommes, les possédaient comme on possède une marchandise, les utilisaient, les vendaient, les supprimaient quand ils n'en avaient plus besoin. Un sacré bouquin.

Une citation du livre:
"Et l’Amérique est également une illusion, la plus grande de toutes. La race blanche croit, croit de tout son cœur, qu’elle a le droit de confisquer la terre. De tuer les Indiens. De faire la guerre. D’asservir ses frères. S’il y avait une justice en ce monde, cette nation ne devrait pas exister, car elle est fondée sur le meurtre, le vol et la cruauté. Et pourtant nous sommes là."