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Manuel H.

Après le monde
18,00
par (Libraire)
22 mars 2020

Une vision vertigineuse, un vertige visionnaire

Il est des romans qui percutent de plein fouet nos réalités immédiates. Paru en ce tout début d'année 2020, « Après le monde » d'Antoinette Rychner est de ceux-là. À la lumière de la pandémie qui frappe aujourd'hui, son anticipation visionnaire donne le vertige. La romancière imagine un monde pas si lointain où tout s'est effondré à la suite d'un enchainement d'épisodes climatiques et environnementaux qui ont déstabilisé l'économie mondiale, délité tous les États et bouleversé l'ensemble des sociétés. Il n'y a plus d'échanges globaux, plus de systèmes de communication, plus de production énergétique majeure... Antoinette Rychner nous invite à suivre ses personnages dans ce monde d'après, se déplaçant à pied à travers l'Europe, allant de rencontres en rencontres à la recherche d'un endroit où il serait possible de survivre et de vivre. Loin de nous entrainer dans une vision apocalyptique où l'hyper-violence et le chacun pour soi serait la règle, elle imagine au contraire un monde où des communautés villageoises solidaires mais fragiles tentent de se reconstruire et où chacun trouve son rôle et sa place pour soi-même et pour les autres. Avec beaucoup de finesse et sensibilité, l'autrice représente un quotidien jusqu'alors inimaginable, sans hôpitaux, sans médicament, sans voiture. À l'heure d'une pandémie virale qui met à l'arrêt nos sociétés, ce roman visionnaire est à glisser entre toutes les mains. C'est un roman choc écrit avec beaucoup de délicatesse, de beauté et de finesse, magnifiquement construit, scandé par d'intermittentes mélopées homériques, ces chants de mémoire qui nous rappellent ce que fut le monde et ce que nous en avons fait. Vertigineux comme le rebord du monde sur lequel nous nous tenons aujourd'hui et lumineux comme une luciole.

Partiellement nuageux

Antoine CHOPLIN

La Fosse aux ours

10,99
par (Libraire)
20 mars 2020

Delicatesses

Antoine Choplin est l'auteur de toutes les délicatesses. Délicatesse du style, du regard et de l'attention qu'il porte et pose sur ses personnages, sans doute parce que malmenés par l'Histoire et ses violences, ici celles de la dictature au Chili, ils ont souffert et souffrent encore, la démocratie rétablie, de la perte et de l'absence. Être délicat, c'est sortir de la brusquerie, autoriser la rencontre improbable, inattendue, inouïe entre deux êtres, c'est ouvrir des émotions contenues, reconnaître le passé douloureux sans compromettre l'avenir ni le désir. Une telle délicatesse romanesque enveloppe ces personnages et leur histoire, belle et touchante.

Murène
21,80
par (Libraire)
17 août 2019

Métamorphose

Portée par une énergie et un enthousiasme sans faille, si caractéristiques de son style et de sa narration, Valentine Goby nous fait découvrir, dans la France des années cinquante, le destin et la vie de François qui va accidentellement devenir manchot à l'âge de 23 ans. Comment vivre au quotidien avec un tel handicap ? Quel avenir peut-on espérer ? Surpassant autant que possible ses douleurs et ses difficultés, François fait preuve d'un courage, d'une volonté et d'une ingéniosité sans faille, réinvente chaque geste et se métamorphose à travers la natation handisport naissante. Valentine Goby poursuit de façon sensible, touchante, détaillée et documentée son beau travail romanesque autour des corps meurtris qui se relèvent par force de volonté et d'espérance.

LE DERNIER GRENADIER DU MONDE
22,00
par (Libraire)
17 août 2019

Par les chemins

Construit comme un conte oriental empruntant à l'esprit narratif des "Mille et une nuits" où le fabuleux fait irruption dans le réel et le réel rencontre le fabuleux, ce roman invite dans l'histoire d'un homme qui après 21 années d'emprisonnement dans le désert, part à la recherche de son fils Saryas qu'il n'a jamais connu. Une quête de paternité qui le conduira sur les chemins inattendus, sinueux et tortueux de la beauté, de l'amour, de la douleur, de la violence et de la perte, de la vie et de la mort. Cette magnifique et envoûtante aventure est aussi un cri d'espoir et de colère, un chant de vie et d'amour qui dénonce et s'oppose de toute sa force narrative aux violences des guerres qui anéantissent les fils au nom des pères.
D'une prose prodigieuse qui cisèle en arabesque une narration ensorcelante, Bakhtiar Ali parle au plus près de notre monde et de notre époque en embarquant au long cours le lecteur dans un conte pourtant intemporel. On ne peut qu'inviter le lecteur à se laisser entraîner et à partir sans attendre dans ce voyage littéraire surprenant et envoûtant, à l'imagination féconde où la vie, la mort, l'homme, la terre, la nature, la violence, la douleur, l'espoir, l'espérance, la liberté, le pouvoir et la violence égrainent le chemin d'une réflexion profonde et pénétrante, fécondée par « la terre de la réalité et le ciel des contes », ensemencée par « le royaume de la vérité et le royaume de l'imagination ». Première traduction en français d'un auteur majeur de la langue kurde sorani.

Virginia
19,90
par (Libraire)
17 août 2019

Focales

Que peut-on encore voir et découvrir depuis aujourd'hui de l'enfance et de l'adolescence de celle qui deviendra plus tard Virginia Woolf ? Pour l'heure, elle est dans la fratrie, dans la « couvée » des sept enfants d'une famille recomposée, intellectuelle et bourgeoise de l'Angleterre victorienne de la fin du XIXe siècle. Elle est Ginia enfant, elle est Miss Jan adolescente. Ce sont ses années de jeunesse que patiemment, minutieusement, précisément, Emmanuelle Favier nous fait découvrir avec beaucoup de subtilité, variant les focales en approchant le personnage et ses sentiments de très près, en élargissant le champ à ses relations familiales, en ouvrant l'angle à l'époque victorienne et au contexte du siècle. Au-delà même de Virginia, de ce qu'elle vit de singulier et de ce qu'elle sera d'unique, c'est un magnifique portrait de l'enfance et de l'adolescence, un tableau familial qu'elle peint de sa prose poétique et touchante et de son point de vue narratif original, fécond et pénétrant.