Brest en Bulle

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chroniques diplomatiques

Tome 2

Dargaud

16,95
12 juillet 2012

Chronique

Quand un auteur majeur (Christophe Blain) rencontre un ancien conseiller de Dominique de Villepin (répondant au pseudonyme d’Abel Lanzac), cela donne un résultat détonnant, une bande dessinée tonitruante : Quai d’Orsay, dont le tome 2 est sorti à la fin de l’année 2011, aux éditions Dargaud.

L’histoire contée est celle du ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms et de ses « chargés du langage », experts en communication. Dans ce second volume, la fine équipe se trouve empêtrée dans les affaires inhérentes au Lousdem. Les Américains souhaitent une intervention militaire contre ce pays : ils ont soi-disant la preuve de l’existence d’ « armes de destruction massive ». La France des Droits de l’Homme et du Général de Gaulle se dresse. De Worms s’oppose !

Pas besoin d’être sorti de l’Ecole Normale pour y voir une satyre, à la fois acerbe et hilarante, de la crise irakienne de 2002-2003.

Le jeune Arthur Vlaminck est chargé de rédiger les discours du ministre français, destinés aux Etats-Unis de Cole (Colin Powell), à la Russie de Michaïl (Igor Ivanov), à l’ONU. Il encaisse les sautes d’humeur, les colères, les élans poético-mystiques, les ordres et les contre-ordres incessants de son patron, plus déchaîné que jamais. Le pauvre bougre stresse à mort, fume comme une chaudière, passe des nuits blanches. Il craque, se ressaisit, re-craque… Evidemment, sa santé et ses amours en pâtissent, mais le maître n’en a cure…. Arthur subit donc, encore et encore, les impacts de celui qui est la fois son idole et son bourreau. Il n’est qu’un petit garçon et l’autre se prend pour le Minotaure…

La farce qui se joue à l’échelle planétaire est quant à elle énorme… et tellement réelle ! Rappelez-vous, ces choses-là sont arrivées, il y a moins de dix ans.

Au final, c’est donc un terrible tableau de la diplomatie internationale qui est donné par le duo Blain-Lanzac. Un portrait décapant, à mourir de rire et à grincer des dents !

Bert’

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Le Ministère de la peur

6

Lebeault-F

Delcourt

12 juillet 2012

Chronique

11 ans après, l’incroyable se produit…. Un nouvel album d’Horologiom !

La suite ? Non ! Les fans le savent bien d’ailleurs, le cycle précédent s’est achevé au tome 5.

Fabrice Lebeault revient nous livrer un one shot. C’est d’une enquête policière dont il est question.

On retrouve avec bonheur les ingrédients du succès d’Horologiom : Une société mécaniquement orchestrée (chaque être humain est muni d’une clé au dessus du crâne, que les robots « remonteurs » doivent régler, pour éviter que toute la société ne déraille), avec son cortège de bureaucrates implacables, tatillons et carriéristes. Une société bien stratifiée, bien régentée. Ce qui n’empêchera pas le meurtre d’un policier du Service des Violences Privées, par décapitation, point de départ de cette enquête.

Fabrice Lebeault n’a rien perdu de son imagination et ce polar vient se glisser à merveille dans un monde si particulier, coloré, avec ces véhicules « animo-mécaniques » si loufoques, mais tellement bien conçus et dessinés.

Cela se lit avec plaisir, tant pour les adeptes que les non-initiés.

Zahou.

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Les Marches de Bretagne - Partie III

Partie III

Soleil

14,50
12 juillet 2012

Chronique

La saga Durandal poursuit son cheminement avec « La marche de Bretagne, partie III » !

A l’instar de la célèbre Excalibur, Durandal est une épée magique. Nicolas Jarry et Gwendal Lemercier ont choisi de mettre en scène des personnages qui ont un lien avec cet inestimable trésor. Dès le premier tome, la recherche pour retrouver Durandal est lancée.

Pour le reste, l’intrigue se renforce (on pourrait même dire les intrigues se renforcent)…

En effet, des envoyés de l’Eglise se mêlent à la quête. Muriel de Bretagne se marie avec Ganelon. Les peuplades scandinaves ne sont pas en reste : le Roi Siegfried espère conquérir la Bretagne et unifier les hommes du Nord, à l’aide de Dragvendil (Durandal). Les « Normes », tout en guidant Roland, poursuivent leur mission séculaire.

Certains éléments du récit sont puisés dans les gestes de Bretagne et de Charlemagne, mais il ne s’agit évidemment pas d’une fresque historique…. Vous l’avez deviné, c’est même assez loin d’être le cas.

A dessein, Nicolas Jarry introduit le mystique et l’occulte. Des vapeurs d’impalpable et d’inattendu flottent… Cela complexifie d’autant les rapports entre tous les personnages.

C’est une foule de belligérants qui se dressent autour de cette épée. Pour Roland, le périple pour la tenir en main continue et il n’est pas au bout de ses surprises.

L’album se termine aux portes du Walhalla, au temple d’Odin… et le lecteur sera au moins aussi surpris que Roland.

Bonne lecture et vivement la suite, prévue en 2012, si tout va bien !

Zahou.

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Lizano, Marc

Soleil

12 juillet 2012

Chronique

Île de Sarek… Elle sent la peur, la poudre et le varech. Véronique d’Hergemont y mène une enquête, à la recherche de ses disparus, ses peut-être-morts, son âme à elle. Son ex, l’horrible Vorski, a paraît-il péri en mer, et avec lui son fils chéri. Mais le cœur d’une mère est sans doute bien plus fort que la rumeur, plus croyant que les plus terribles superstitions. Il est gonflé à l’air des vents d’Ouest et surmontera tous les malheurs : sauts de l’ange depuis la falaise, exécutions en rafales, crucifixions sur la lande, que plus rien n’apaise…

L’île aux Trente Cercueils est avant tout un roman de Maurice Leblanc (le créateur d’Arsène Lupin), paru en feuilleton dans « Le Journal » à partir de 1919. C’est ensuite un téléfilm de la fin des années 1970, qui marqua bien des esprits. Notamment celui du petit Marc Lizano : « Tous ceux qui ont pu voir la série, avec Claude Jade dans le rôle de Véronique, en ont gardé un souvenir très fort. D’autant plus pour ceux, qui comme moi, ont pu voir les épisodes assez jeunes. J’avais à peine neuf ans lors de la diffusion en 1979, un âge assez idéal pour la regarder au premier degré. »

L’adaptation parue aujourd’hui chez Noctambule est justement empreinte de ces émotions rejaillies de la plus tendre enfance. La narration, les ambiances, les couleurs, plongent le lecteur dans un univers fantastique, particulièrement intrigant, labyrinthique. Thésée recherche le Minotaure. Véronique a un rendez-vous avec l’amour, mais elle devra d’abord sortir du dédale et affronter la mort.

Un très beau livre, aux fissures amères et aux parfums d’Armor !

Bert’.

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récit d'une initiation croisée

Futuropolis

26,00
12 juillet 2012

Chronique

Etienne Davodeau est un auteur philanthrope, curieux et sensible. Ses livres sont là pour en témoigner. Le dernier d’entre eux, tout juste paru aux Editions Futuropolis, en est une nouvelle preuve vivante.

Les Ignorants est le récit d’une expérience originale, la restitution d’une année de collaboration étroite, le fruit d’une relation inattendue, professionnelle et affective, entre un auteur de BD et un viticulteur.

Pendant douze mois, soit quatre saisons, Richard Leroy a en effet initié Etienne Davodeau aux mystères de la vigne et à la magie du vin. Dans ses fabuleux Coteaux du Layon, il lui a révélé tous ses secrets de fabrication. Brillant pédagogue, il a en l’occurrence su jouer l’alternance: analyses scientifiques par-ci, envolées métaphysiques par-là… Bien sûr, l’essentiel de l’apprentissage s’est fait sur le terrain.

Le père de Lulu Femme Nue a volontiers donné de sa personne, taillant les sarments au cœur de l’hiver, maniant la pioche, la « bicyclette » et la décavaillonneuse comme un forçat de la terre. De manière absolue, il a livré son corps au terroir.

Etienne a profité de l’occasion pour faire découvrir à Richard le monde de la bande dessinée, lui suggérant des lectures, lui proposant des visites, organisant des rencontres plus enthousiasmantes les unes que les autres: imprimeurs de Tournai, employés de « Futuro », festivaliers de « Quai des Bulles »… Le partage, encore et toujours le partage !

Au bout du compte, chacun des deux protagonistes se sera nourri de l’autre et aura beaucoup appris à ses côtés. Les Ignorants du début ne le sont plus vraiment à la fin.

Le lecteur s’y retrouve aussi, porté par les textes et dessins d’une belle aventure humaine. Il se dit que la vraie vie, c’est peut-être bien ça: des livres et du vin, des amis avec qui les partager.

Il se dit que la passion, c’est quand même bien mieux que la modération !

Bert’

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