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Jean T.

http://www.lepaindesreves.fr/

Des saisons adolescentes,  récits
par (Libraire)
14 mai 2020

Dans un lycée aux alentours de Lyon, après un cours sur la question du temps, un professeur de philosophie demande à ses élèves de venir en classe le lendemain avec "leurs plus beaux papiers".
Le lendemain, après leur avoir raconté "l’histoire de ce jeune garçon qui perd la mémoire", il leur demande "d’écrire sur leurs plus beaux papiers le souvenir qu’ils souhaiteraient conserver".
Alors les trente-cinq élèves mettent par écrit le souvenir d’un amitié ou d’un amour, d’un parent ou grand-parent, de vacances au bord de la mer, des soirées d’été pleines d’excitation, de maisons que l’on vide avant de les quitter. Ce sont des souvenirs de premier émoi, de premier amour, de baisers, de passions, de pertes, de deuils, de nostalgies. Ce sont aussi de très sensibles descriptions de la nature.
Trente-cinq beaux textes de filles ou garçons – on ne le sait qu’en cours de lecture- qui, en soixante quinze pages, dressent un émouvant portrait, tout en délicatesse, de l’adolescence.

Réparons le monde , humains, animaux, nature

humains, animaux, nature

Rivages

8,80
par (Libraire)
10 mai 2020

L’ouvrage est un recueil de "textes, qui font le lien entre l’écologie, la justice sociale, la cause animale, la démocratie et les traits moraux qu’il importe d’acquérir pour œuvrer ensemble à la promotion d’un autre modèle de développement, invitent chacun à avoir cette attitude, à la fois modeste et responsable, qui consiste à réparer le monde, et à s’y prendre avec générosité et considération".[présentation].

Parler de réparer le monde "n’implique pas que, pour reconstruire ce qui a été détruit, nous cherchions à rétablir une unité soi-disant originaire", ce n’est pas "recoller les morceaux". Non, "Parler de réparation suggère que le monde est abîmé", qu’il est en désordre, qu’il n’a plus de sens. Réparer le monde, c’est rechercher quels changements sont nécessaires pour échapper à l’effondrement et au chaos, c’est "préparer l’avenir", savoir "comment réorienter l’économie, faire évoluer les modes de production et de consommation, réorganiser le travail et les échanges, et accompagner les changements culturels".
Corine Pelluchon veut repenser notre place dans la nature et parmi les autres, humains et non-humains, pour prendre "conscience de partager la Terre avec les autres vivants et d’avoir une communauté de destin avec les animaux qui, comme nous, sont vulnérables". Considérant que les politiques néolibérales ne peuvent conduire à opérer la transition écologique et creusent les inégalités, que "nous avons peu à peu perdu le sens de ce qui nous reliait aux autres. Nous avons laissé le profit régner en maître, acceptant la subordination de toutes les sphères d’existence au profit. De même, nous avons accepté un modèle de développement qui ne reconnaît pas les limites planétaires et ne recule ni devant le saccage des ressources de la Terre et la violence envers les animaux ni devant la déshumanisation de la société et la perte de sens du travail", elle réfléchit à l’invention d’un autre humanisme et d’un autre contrat social, de l’instauration d’une justice qui fasse droit à tout humain et non-humain.
La philosophe fait une grande part à la cause animale, démontrant qu’il y a un lien entre les violences faites aux animaux et les multiples violences que s’infligent les humains. Que les animaux soient des sujets qui ont des intérêts, qui s’expriment, qui souffrent oblige à leur accorder une considération morale et à leur conférer des droits. La cause des animaux est aussi la cause de l’humanité, car la violence faite aux animaux prédispose les humains à exclure et asservir les minorités humaines.
Les Lumières ont créé le concept d’individu que nous avons laissé se pervertir, perdant la notion de ce qui nous relie les uns aux autres, nous rend dépendants. Gagnant les libertés individuelles, nous avons subordonné toutes les sphères de nos existences au profit, saccagé les ressources de la Terre, perdu le sens du travail, négligé les limites planétaires, et nous nous découvrons seuls et fragiles. Il s’agit de continuer l’œuvre civilisationnelle des Lumières, de prendre en compte dans notre considération morale et dans nos politiques publiques, le bien commun des humains et des non-humains, d’avoir conscience de notre vulnérabilité.
Prenant conscience de notre appartenance au monde, nous modifions notre regard, nous opérons une "transformation de soi qui touche la raison, la sensibilité et le rapport au corps", fondant la considération qui, humblement, rend "capable de reconnaître la valeur propre de chaque être et de lui faire une place dans ma vie".
Disciple de Lévinas, Corine Pelluchon sait "qu’autrui m’enseigne", que je ne peux fuir ma responsabilité et laisser d’autres répondre à ses besoins. Que "lorsque je suis indifférent à sa misère et ne réponds pas à son appel, je dis aussi qui je suis".
Une politique de la considération, liée à l’affirmation de la valeur propre de chaque personne, vouée à la préservation d’un monde commun, exige la sortie de l’économisme, d’un contrat social qui tolère d’user et d’abuser de ce qui est bon pour soir, elle suppose "l’amour du monde".

Réparons le monde, Humains, animaux, nature

Humains, animaux, nature

Corine Pelluchon

Éditions Rivages

6,99
par (Libraire)
10 mai 2020

L’ouvrage est un recueil de "textes, qui font le lien entre l’écologie, la justice sociale, la cause animale, la démocratie et les traits moraux qu’il importe d’acquérir pour œuvrer ensemble à la promotion d’un autre modèle de développement, invitent chacun à avoir cette attitude, à la fois modeste et responsable, qui consiste à réparer le monde, et à s’y prendre avec générosité et considération".[présentation]. Parler de réparer le monde "n’implique pas que, pour reconstruire ce qui a été détruit, nous cherchions à rétablir une unité soi-disant originaire", ce n’est pas "recoller les morceaux". Non, "Parler de réparation suggère que le monde est abîmé", qu’il est en désordre, qu’il n’a plus de sens. Réparer le monde, c’est rechercher quels changements sont nécessaires pour échapper à l’effondrement et au chaos, c’est "préparer l’avenir", savoir "comment réorienter l’économie, faire évoluer les modes de production et de consommation, réorganiser le travail et les échanges, et accompagner les changements culturels". Corinne Pelluchon veut repenser notre place dans la nature et parmi les autres, humains et non-humains, pour prendre "conscience de partager la Terre avec les autres vivants et d’avoir une communauté de destin avec les animaux qui, comme nous, sont vulnérables". Considérant que les politiques néolibérales ne peuvent conduire à opérer la transition écologique et creusent les inégalités, que "nous avons peu à peu perdu le sens de ce qui nous reliait aux autres. Nous avons laissé le profit régner en maître, acceptant la subordination de toutes les sphères d’existence au profit. De même, nous avons accepté un modèle de développement qui ne reconnaît pas les limites planétaires et ne recule ni devant le saccage des ressources de la Terre et la violence envers les animaux ni devant la déshumanisation de la société et la perte de sens du travail", elle réfléchit à l’invention d’un autre humanisme et d’un autre contrat social, de l’instauration d’une justice qui fasse droit à tout humain et non-humain. La philosophe fait une grande part à la cause animale, démontrant qu’il y a un lien entre les violences faites aux animaux et les multiples violences que s’infligent les humains. Que les animaux soient des sujets qui ont des intérêts, qui s’expriment, qui souffrent oblige à leur accorder une considération morale et à leur conférer des droits. La cause des animaux est aussi la cause de l’humanité, car la violence faite aux animaux prédispose les humains à exclure et asservir les minorités humaines. Les Lumières ont créé le concept d’individu que nous avons laissé se pervertir, perdant la notion de ce qui nous relie les uns aux autres, nous rend dépendants. Gagnant les libertés individuelles, nous avons subordonné toutes les sphères de nos existences au profit, saccagé les ressources de la Terre, perdu le sens du travail, négligé les limites planétaires, et nous nous découvrons seuls et fragiles. Il s’agit de continuer l’œuvre civilisationnelle des Lumières, de prendre en compte dans notre considération morale et dans nos politiques publiques, le bien commun des humains et des non-humains, d’avoir conscience de notre vulnérabilité. Prenant conscience de notre appartenance au monde, nous modifions notre regard, nous opérons une "transformation de soi qui touche la raison, la sensibilité et le rapport au corps", fondant la considération qui, humblement, rend "capable de reconnaître la valeur propre de chaque être et de lui faire une place dans ma vie". Disciple de Lévinas, Corinne Pelluchon sait "qu’autrui m’enseigne", que je ne peux fuir ma responsabilité et laisser d’autres répondre à ses besoins. Que "lorsque je suis indifférent à sa misère et ne réponds pas à son appel, je dis aussi qui je suis". Une politique de la considération, liée à l’affirmation de la valeur propre de chaque personne, vouée à la préservation d’un monde commun, exige la sortie de l’économisme, d’un contrat social qui tolère d’user et d’abuser de ce qui est bon pour soir, elle suppose "l’amour du monde".

La Peste écarlate, suivie du Masque de la mort rouge

suivie du Masque de la mort rouge

Jack London

publie.net

1,99
par (Libraire)
27 avril 2020

Jack London est un écrivain prolifique qui n’a pas publié que "L’appel de la forêt" et "Croc-Blanc". En 1912, il publie "La peste écarlate", un récit inspiré de la nouvelle d’Edgar Allan Poe "Le masque de la mort rouge". Dans ce texte, il rapporte la conversation d’un grand-père très âgé avec ses trois petits-enfants, Edwin, Bec-de-Lièvre et Hou-Hou à propos d’un pandémie qui a ravagé la monde soixante ans plus tôt, soit en 2013. Le visage des humains contaminés par un mystérieux virus devenaient "rouge écarlate" et ils mouraient peu après, souvent dans l’heure. Dans la civilisation avancée d’alors, on espère dans la science qui se révèle impuissante à vaincre le "germe". Les gens prennent le route, créant un désordre total, et "emportent le germe avec eux", meurent en route. Derrière eux, les villes flambent. San Francisco, "quatre millions d’habitants" disparaît, tout comme New-York, "dix-sept millions de personnes". La nourriture se met à manquer, l’égoïsme devient la règle, "Tout ordre social, toute loi avaient disparu". C’est le Far-West, pourrait-on dire, "partout régnait le meurtre, le vol, l’ivresse".
Le grand-père qui fut un universitaire enseignant la littérature, raconte la disparition presque instantanée de "dix mille années de culture et de civilisation" à ses trois petits-enfants qui sont illettrés, qui savent à peine compter jusqu’à dix, qui le trouvent "radoteur", "faible d’esprit". Eux qui n’ont jamais vu d’argent, ni d’aéroplanes, ni de cinématographe, ni de télégraphe ne peuvent concevoir ce que leur grand-père leur raconte. S’ils connaissent le mot "rouge", ils ne comprennent pas ce que signifie "écarlate" : "L’écarlate c’est rouge, pourquoi ne pas dire rouge ? Pourquoi vouloir compliquer les choses par des mots que l’on ne comprend pas ?". De même qu les animaux domestiques sont devenus sauvages, les garçons sont des hommes primitifs et développent des capacités à vivre dans un environnement hostile et pauvre.
Jack London raconte qu’avant, "la liberté n’était qu’un mot" pour les pauvres, que "la classe dirigeante possédait la terre et les machines". Les travailleurs n’avaient d’autre choix que travailler pour les dirigeants. Maintenant, les positions sont renversées et comme dit Bec-de-Lièvre, "si quelqu’un menace de me la voler [la nourriture] ou essayer, je le tue !".
Ce monde post-historique sans culture, sans mémoire, sans constructions humaines, dans ce monde d’illettrés, comment les garçons peuvent-ils avoir conscience de leurs pauvretés ? "Hou-Hou s’esclaffa : - Très drôle, grand-père, tu nous parles de choses que l’on ne peut pas voir. Mais alors comment être sûr qu’elles existent ? Voilà ce que j’aimerais savoir. Comment faire pour connaître ce qui est invisible ?" Le grand-père qui a connu le temps d’avant la peste, sait à quel degré de barbarie et de sauvagerie les hommes sont descendus. Il sait qu’il faudra "une centaine de générations" pour que réapparaisse "le monde magnifique et puissant" qu’il a connu. Alors, il collecte des livres "qui contiennent un résumé de la sagesse humaine", il les stocke dans une grotte avec un "alphabet, avec clef explicative" en espérant qu’un jour, "les hommes réapprendront à lire".
Dans le contexte actuelle de ce premier semestre de l’année 2020, "La peste écarlate" doit être un encouragement à agir sans attendre pour garder vivante notre histoire, sauvegarder nos valeurs et préserver l’humanité.

Par les routes
par (Libraire)
23 avril 2020

L’autostoppeur est l’ami de Sacha, écrivain, 40 ans, célibataire et sans enfant.Il a quitté Paris pour V., un ville du sud-est de la France. L’autostoppeur et Sacha se connaissent, vingt ans avant, ils ont beaucoup voyagé ensemble avant de s’éloigner l’un de l’autre sans qu’on en connaisse les raisons. À V., l’autostoppeur vit avec Marie, une traductrice de livres italiens, et avec Agustin, leur fils. L’autostoppeur vit de petits boulots, de bricolages qui lui laissent la liberté de partir n’importe quand, pour des voyages en France, sans but, avec des gens très divers, des hommes ou des femmes, jeunes ou âgés, de toutes conditions sociales. À chacun, il dit la même chose, qu’il se "fiche un peu d’arriver où que ce soit", qu’il est "surtout venu les voir eux", qu’il "les trouve admirables de l’avoir pris", que "c’est le critère suprême de l’hospitalité : être capable d’ouvrir sa portière au parfait inconnu". Il les photographie tous. Il semble se livrer moins qu’il n’écoute les gens. Avant de revenir, il envoie des cartes postales à sa famille, à son fils.
Peu à peu, alors que Marie et Sacha sont de plus en plus proches, l’autostoppeur part de plus en plus souvent, vers des destinations que lui donne son fils qui, ainsi, voyage à distance avec son père. Puis il part encore plus souvent, pour des voyages de plus en plus longs, toujours sans but.
Les correspondances et récits de l’autostoppeur racontent les provinces de France, les communes éloignées de Paris, les monuments, les campagnes, les aires d’autoroutes, les stations-service, les automobilistes aimables et cordiaux qui le transportent. Jusqu’au jour où le voyage se fait long, long… sans retour de l’autostoppeur.
Mais on ne dira rien de la fin, étonnante et inattendue.
Avec "Par les routes", Sylvain Prudhomme nous livre un texte fortement romanesque à partir d’un thème banal:l’auto-stop. Son écriture captive le lecteur par son charme, sa légèreté, sa ponctuation réduite au minimum pour le laisser choisir l’émotion, l’intensité de ce qu’il lit.
Au début du roman, Sacha développe rapidement son objectif "changer d’air. Destruction, reconstruction". C’est ce qui arrive, une amitié qui se désagrège, un amour qui se construit, dont prend acte l’autostoppeur qui laisse l’équilibre de son couple se déplacer vers le couple qui se crée entre Marie et Sacha.
Quand il voyage, l’autostoppeur écoute celui qui le transport. On le sent dans une vraie empathie avec son chauffeur. Sil s’éloigne de Marie et d’Agustin, est-ce parce qu’il ne peut être présent avec la même intensité à ses chauffeurs et à Marie? L’auteur ne répond pas. Si ce n’est que la finale du roman peut laisser penser que l’autostoppeur a été important pour chacune des personnes qui l’ont transporté.
Ce très beau roman rappelle que pour qu’il y ait voyage, il faut qu’un retour existe. Ulysse part des années en voyage, mais il revient dans sa maison et retrouve Pénélope. Le voyageur est un explorateur qui n’a de cesse de repartir jusqu’à parfois disparaître.
La lecture de "Par les routes" est addictive. À la dernière page, on se prend à regretter que ce road-trip ne fasse que 300 pages !