Rodmoor
EAN13
9782358731584
ISBN
978-2-35873-158-4
Éditeur
Bruit du temps
Date de publication
Nombre de pages
490
Dimensions
20 x 13 x 0 cm
Fiches UNIMARC
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Rodmoor

Bruit du temps

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Publié en 1916, ce grand roman psychologique, que Powys écrit en partie pour exorciser une forme de folie qu’il subit depuis l’enfance, explore magistralement les différents états de conscience d’un certain Adrian Sorio, à qui semble avoir été accordé un précaire répit avant l’inéluctable débâcle de son esprit : « Je sais que j’ai en moi quelque chose dont la vérité est démente... et qui mord les choses jusqu’à l’os. » Cet horizon tragique est dessiné dès l’incipit lorsque, de retour d’Amérique sans son fils, Sorio se laisse convaincre par sa jeune amante, l’élégante Nance Herrick, de l’accompagner dans l’East Anglia, à Rodmoor. Ce finistère au nom sinistre fait planer sur les premières heures du séjour une sourde menace. Il est habité par une petite communauté de gens bizarres. Cependant, comme le souligne le titre, le seul véritable héros de ce roman « dédié aux mânes d’Emily Brontë » n’est ni un homme ni une femme, quand même nous retient le va-et-vient tourmenté d’Adrian entre les deux pôles (mondain et asocial) de sa vie sentimentale, c’est bien plutôt une envoûtante lande au bord de la mer, dans le Norfolk, à l’Est des « Hauts de Hurlevent ». Si complexes que soient en effet les protagonistes de cette histoire, ils sont soumis, au-delà de leur caractère individuel, à la grande loi des « flux et reflux » qui régit l’univers (« le bruit de la marée sur la plage de Rodmoor était l’arrière-fond de toutes choses ») ; c’est cette loi mystérieuse qui détermine leurs mouvements intérieurs, contradictoires et incessants, dont la cause leur échappe ; mais ils reconnaissent en eux l’emprise magnétique de ce paysage terraqué, fortement érotisé, et qui reflète le désir fou qu’à Rodmoor ils ont tous, ou presque, de détruire le contentement de leur propre vie. Et il semble qu’en effet pour Powys la seule façon de s’évader des attaches familiales soit d’émigrer vers d’autres sphères subhumaines ou surhumaines, en somme, de se fondre dans la nature.
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