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Les désenchantées
Éditeur
La Gibecière à Mots
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Les désenchantées

La Gibecière à Mots

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  • AideEAN13 : 9782374637204
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**Pierre Loti** (1850-1923)

"André Lhéry, romancier connu, dépouillait avec lassitude son courrier, un
pâle matin de printemps, au bord de la mer de Biscaye, dans la maisonnette où
sa dernière fantaisie le tenait à peu près fixé depuis le précédent hiver.

« Beaucoup de lettres, ce matin-là, soupirait-il, trop de lettres. »

Il est vrai, les jours où le facteur lui en donnait moins, il n’était pas
content non plus, se croyant tout à coup isolé dans la vie. Lettres de femmes,
pour la plupart, les unes signées, les autres non, apportant à l’écrivain
l’encens des gentilles adorations intellectuelles. Presque toutes commençaient
ainsi : « Vous allez être bien étonné, monsieur, en voyant l’écriture d’une
femme que vous ne connaissez point. » André souriait de ce début : étonné, ah
! non, depuis longtemps il avait cessé de l’être. Ensuite chaque nouvelle
correspondance, qui se croyait généralement la seule au monde assez audacieuse
pour une telle démarche, ne manquait jamais de dire : « Mon âme est une petite
sœur de la vôtre ; personne, je puis vous le certifier, ne vous a jamais
compris comme moi. » Ici, André ne souriait pas, malgré le manque d’imprévu
d’une pareille affirmation ; il était touché, au contraire. Et, du reste, la
conscience qu’il prenait de son empire sur tant de créatures, éparses et à
jamais lointaines, la conscience de sa part de responsabilité dans leur
évolution, le rendait souvent songeur.

Et puis, il y en avait, parmi ces lettres, de si spontanées, si confiantes,
véritables cris d’appel, lancés comme vers un grand frère qui ne peut manquer
d’entendre et de compatir ! Celles-là, André Lhéry les mettait de côté, après
avoir jeté au panier les prétentieuses et les banales ; il les gardait avec la
ferme intention d’y répondre. Mais, le plus souvent, hélas ! le temps
manquait, et les pauvres lettres s’entassaient, pour être noyées bientôt sous
le flot des suivantes et finir dans l’oubli.

Le courrier de ce matin en contenait une timbrée de Turquie, avec un cachet de
la poste où se lisait, net et clair, ce nom toujours troublant pour André :
Stamboul."

1900\. L'écrivain André Lhéry trouve parmi son courrier une lettre provenant
de Turquie. Il s'agit d'une admiratrice dénonçant la condition des femmes
emprisonnées dans les harems. Quatre ans plus tard, André retourne à
Constantinople, comme attaché d'ambassade. Il est recontacté par cette
mystérieuse admiratrice...
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