NOUVEAU : Pour le retrait de vos commandes déjà payées, ouverture d'un accès indépendant place du Maréchal Leclerc. Sonnez à la porte rouge.

Enfants du malheur, Les bagnes d'enfants
Éditeur
La Manufacture de livres
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
S'identifier

Enfants du malheur

Les bagnes d'enfants

La Manufacture de livres

Offres

  • AideEAN13 : 9782358874267
    • Fichier PDF, avec Marquage en filigrane
    11.99

  • AideEAN13 : 9782358874274
    • Fichier EPUB, avec Marquage en filigrane
    11.99
Jacques Prévert s'était inspiré d'une triste réalité : le témoignage d'Henri
Danjou sur les colonies pénitentiaires réservées aux enfants publié en 1932.
La discipline y était draconienne. Le silence absolu obligatoire. Henri
Danjon, écrivain reporter, retrace l'histoire de lieux maudits nommés colonies
pénitentiaires, maisons de redressement, maisons de correction. A la colonie
du Luc (Gard), à celles de la Loge (Cher), du Mont Saint-Michel (Manche),
d'Aniane (Hérault), Belle Ile en Mer, Cadillac (Gironde), Doullens (Sommes),
Chanteloup (Yvelines), Mettray (Indre), partout la même férocité, quel que
soit l'époque ou le régime. Les premières maisons d'incarcération du XVIIIe
siècle offraient un cadre qui dépasse l'imagination. Si l'amputation de la
main pour les parricides fut abolie en 1832, la liste des supplices restait
longue. Qui punit-on dans ces établissements ? Des mineurs coupables de vols,
souvent des vols alimentaires ou se livrant à la prostitution. Ceux que les
pouvoirs appellent les classes dangereuses . Les vagabonds et tous ceux qui
échappent au contrôle des familles, des patrons et du clergé sont dans le
collimateur. Ils ne sont pas les seuls. Orphelins, pauvres, chapardeurs : dans
l'esprit du législateur, si ces gamins ne sont pas encore délinquants, ils le
deviendront un jour ou l'autre. De la promiscuité enfants/adultes où
prospèrent toutes sortes de crimes aux règlements monstrueux calqués sur la
barbarie militaire, en passant par le sadisme des geôliers, le travail forcé,
les oubliettes, les maladies et autres horreurs, les monstruosités sont
toujours justifiées au nom de la morale républicaine ou de la religion : la
rédemption par la punition. La logique de la répression et de l'enfermement a
tellement été contreproductive. et dénoncée par quelques esprits éclairés, que
l'évidence de la prévention et de l'éducatif s'est enfin, peu à peu, imposée à
la République. Ce témoignage d'abord publié sous forme de feuilleton dans
Délabre dans les années 30 est d'une écriture très actuelle. A l'heure où la
question sécuritaire revient au galop dans les discours, il n'est pas inutile
de se souvenir des heures sombres des dogmatismes moraux et religieux qui
bâtirent les tragiques bagnes d'enfants.
S'identifier pour envoyer des commentaires.