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Sylvia Plath - Duetto
Éditeur
Nouvelles Lectures
Date de publication
Nombre de pages
20
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Sylvia Plath - Duetto

Nouvelles Lectures

Offres

  • AideEAN13 : 9782374240398
    • Fichier EPUB, libre d'utilisation
    1.99
Extrait

Il y a des détails troublants. Sylvia Plath est née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston. Sylvia Plath adulait Dylan Thomas, grand poète gallois, né le 27 octobre 1914. Il était son maître littéraire le plus lumineux. Je suis née le 27 octobre 1985 et Sylvia Plath est mon phare. Le monde laisse entrer et fait sortir les gens dans un désordre trop grand pour que ces coïncidences restent anodines. Il n'y a pas le moindre sens à cela, précisément parce qu'il semble y en avoir un. Les choses auraient pu se passer autrement. Il se trouve que je suis tentée d'y voir un signe et lorsque nous nous prenons dans la constellation des astres et des hasards, nous rêvons sans limites de le flairer, ce signe, de l'apercevoir, de sentir son odeur, de savoir qu'il fait partie de notre horizon et ne disparaîtra jamais complètement. Ces signaux émettent pour moi un écho. Ils brillent d'un éclat insolite. Les hasards nous font l'effet d'en être complices.
Dis-moi quel est ton phare, je te dirai qui tu es. Mon phare s'appelle Sylvia. Elle a longtemps irrigué mes pensées. C'est une femme extrême, passionnée et fatale pour elle-même, qui refusait l'existence terne et ordinaire. « Ta fugace fragile friable Sylvia », signait-elle. Je me souviens d'avoir également signé de cette façon : « Ta fugace fragile friable Virginie », tant il me semblait partager ses désordres intérieurs, tant en écrivant cela, il me semblait aussi les comprendre et les justifier. Sylvia Plath avait horreur des demi-mesures ou des compromis raisonnables. Elle est allée jusqu'au bout de ses émotions, de son absolu et de son désespoir, jusqu'à ouvrir le four, et plonger mortellement sa tête dedans, à l'âge de 31 ans. Cette femme, je l'ai aimée, je l'ai comprise, je l'ai intégrée dans mes raisonnements les plus intimes. Je m'invite encore, de manière fréquente, dans son univers, sa subjectivité et j'y trouve des résonances, des miroirs, des similitudes, des feux et des lumières.
L'esprit de Sylvia Plath capte les flux souterrains, soumet le réel, le tord et le broie pour extraire de sa glaise les pépites poétiques qu'il recèle, l'or qu'il renferme. L'agilité et la singularité de sa pensée m'ont fascinée, tout comme son esprit inspiré, insurgé, alchimique, qui magnétise la limaille des choses. Ce qui m'a le plus frappée, quand je l'ai découverte, c'est sûrement ce questionnement en elle incessant : Comment circule-t-on entre une extrême intensité vitale et le régime du monde diurne, des ordres, des codes, des lois, et du langage ordinaire ? Sylvia le dit : « Pour écrire je t'aime, il me faut mon langage propre. » Alors comment trouver un langage propre qui ne soit pas un langage privé ? Un langage qui sonne de manière universelle mais qui permet également une renaissance, puisqu'il donnerait un nouvel accès au monde ? Dire le monde à travers de nouveaux mots, c'est s'ouvrir une autre voie. Dès ses premières interrogations, j'intégrais une sœur dans l'écriture.
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