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Conseils de lecture

Little Caesar
17,50
par (Libraire)
8 octobre 2020

Plus que culte

Avant les Soprano, il y a eu les Affranchis.
Avant les Affranchis, il y a eu Le Parrain.
Et bien avant tout ça, il y a eu Scarface.
Mais à y réfléchir, la toute première fois, dans l'histoire de la fiction policière, où un auteur s'est mis à raconter la vie des gangsters du point de vue des gangsters, c'était en 1929, avec "Little Caesar" de William R. Burnett. L'ascension et la chute de Cesare «Rico» Bandelli a ainsi servi de modèle à tout un pan de l'imaginaire américain.

Ce roman fondateur, qui resort aujourd'hui à la Série Noire, dans une traduction révisée, n'a rien perdu de son magnétisme et de sa froideur. C'est toujours la même mécanique implacable, servie par un style aussi efficace qu'une balle dans la nuque. Comment pourrait-il en être autrement, quand on sait que le roman a été écrit à Chicago, alors même qu'Al Capone tenait la ville d'une main de fer ?

Pour accompagner cette publication, Gallimard vous propose aussi de découvrir un livre moins connu de Burnett, Goodbye Chicago 1928. Avec ce roman publié en 1981, Burnett faisait, un an avant de mourir, un dernier voyage dans la ville corrompue et ténébreuse de sa jeunesse. Il bouclait ainsi la boucle avec panache et offrait à ses lecteurs un superbe épilogue à son oeuvre noire.


Betty

Éditions Gallmeister

26,40
par (Libraire)
26 septembre 2020

Betty est née d'une mère blanche et d'un père cherokee. Mais de toute sa fratrie, elle est la seule a ressembler à ses ancêtres indiens. Elle va alors vivre une enfance à deux tons : entre la poésie et l'amour de la Nature inculqués par son père et la violence des gens de la ville ou de l'école qu'elle subira au quotidien.

Mais c'est en grandissant qu'elle comprendra que le Mal n'est parfois pas là où on l'attend. Inquiète de porter des secrets comme de lourds fardeaux, elle découvrira au fil des pages que finalement, tout le monde a quelque chose à cacher..

Un roman puissant, qui donne la parole aux voix étouffées du monde, qu'elles soient celles des enfants, des femmes, et de tout ceux n'entrent pas dans les cases que la société impose.


Térébenthine
16,50
par (Libraire)
28 août 2020

Contre tous

Ils sont trois, élèves des Beaux-Arts, jeunes et pourtant déjà ringards. Leur tort ? Continuer à peindre alors que le monde de l'art ne jure que par les installations et la vidéo.Sans même s'en rendre compte, en cherchant à faire de l'art leur métier, en interrogeant encore la couleur et la matière sur une toile, comme tant d'autres avant eux, ces trois personnages deviennent des héros discrets et nouent une étrange amitié, aussi solide et impalpable que leurs convictions.    
Avec cette histoire de résistance douce, de résistance obstinée, Carole Fives écrit un roman initiatique qui navigue dans les eaux troubles de la vie à 20 ans, là où l'idéalisme furieux de l'adolescence entre en collision avec le mépris glacial des contingences adultes, là où on découvre que l'on n'a pas la même valeur selon qu'on soit un homme ou une femme, selon qu'on accepte de se plier aux vanités du moment ou qu'on leur préfère la profondeur de nos émotions.
Fin, juste, vivant, c'est un roman à l'image de son sujet : aussi exaltant que désespéré.Et puis il reste la peinture, qui peut tout, qui est tout, qui vaincra tout à la fin.


Ce qu'il faut de nuit
16,90
par (Libraire)
22 août 2020

Gris et lumineux

Il y a un père cheminot qui milite mollement au parti socialiste. Il y a une mère enlevée par le cancer. Il y a des enfants qui ont l'impression qu'ils ne sont pas nés au bon endroit, que là dehors, il n'y a rien pour eux, que la seule chose qui peut faire s'emballer leurs cœurs, ce sont les matchs de foot le week-end.
Il y a les petites phrases, insidieuses et persistantes. "Marine, elle a peut-être pas tout à fait tort."
Il y a ce quotidien gris et lumineux, comme le ciel de l'Est.
Il y a un style, un ton d'une grande justesse, un récit concret, crédible, des personnages plus vrais que nature.
Il y a enfin l'impuissance, face au silence de nos proches, qu'on voit glisser doucement vers l'extrême. Ça ne fait pas d'eux des salauds, on les aime toujours, ils nous aiment pareil, et on est d'autant plus désemparés face à ce sourire aimable, minéral, qui couve une violence terrible.

Il y a ce livre, et ce livre, c'est la France.


Le cœur synthétique
18,00
par (Libraire)
22 août 2020

Quelle est la date de péremption d'une femme ?

Dans un roman plein d'humour et de finesse, Chloé Delaume prend la question à bras le corps et nous plonge dans les affres du célibat féminin. Parce que non, hommes et femmes ne sont pas égaux face au temps qui passe et dans la grande foire aux sentiments, la divorcée de 46 ans n'a pas la cote.

Et pourtant, on pourrait se dire que tout a changé, ou que tout change, qu'après #metoo et l'immense prise de conscience collective de ces dernières années, les cartes ont été rebattues. Mais si les femmes ont réalisé leur importance réelle, différente de celle générée par le regard des autres, les hommes, de leur côté ont souvent accompagné ce mouvement d'un silence poli. Et quand un homme divorce à 50 ans, il est bien rare de le voir se remettre en ménage avec une femme de son âge. "Oui, bien sûr que je suis féministe. Comment ne pas l'être avec ma femme qui a 20 ans de moins que moi et qui m'en parle toute la journée ?"

Adélaïde, l'héroïne du roman, se heurte à cet état de fait avec violence. Elle découvre qu'elle est invisible, incolore, périmée, elle qui n'a jamais vécu autrement qu'en couple. Reste la sororité, le soutien indéfectible de ses amies militantes, dont les portraits dessinent intelligemment différentes tendances du féminisme actuel, avec tout ce qu'il contient de sorcellerie et de contradictions.

C'est un livre d'humour et de mélancolie, de lutte enflammée et d'abattement dépressif, particulièrement quand Adélaïde réalise que malgré toutes ses belles convictions, son bonheur reste indéfectiblement lié au regard des hommes. C'est cette complexité, cette fragilité, qui élève le roman et en fait bien plus qu'un roman à thèse.
Pour son premier livre, il nous semble, qui ne soit pas de l'autofiction, Chloé Delaume crée une héroïne de chair, de sang et de rêves avec qui on aimerait bien faire un bout de chemin.