Désorientale

Négar Djavadi

Liana Levi

  • Conseillé par (Libraire)
    20 août 2016

    Intime et universel

    On ne sera pas les seuls à le dire : voici LE livre de la rentrée.
    Avec ce premier roman, Négar Djavadi réussit la prouesse de mêler histoire intime et histoire politique dans une langue raffinée, drôle, tendre et habitée.

    Roman du déracinement, Désorientale est aussi celui de l'engagement, celui du père de la narratrice, prêt à tout pour que la démocratie s'impose dans son pays. Mais nous sommes en Iran, dans les années 70, et les enjeux pétroliers sont si puissants que la politique intérieure est téléguidée par les grandes puissances. Forcée à l'exil, la famille Sadr se retrouve donc à Paris avec l'espoir de pouvoir un jour revenir à Téhéran, quand les choses se seront arrangées. Mais les choses traînent, et il semble de plus en plus évident que la vie d'ici soit la vie tout court.

    Construit comme une succession de flashbacks alors que Kimiâ est assise dans la salle d'attente d'un hôpital parisien, la narration alterne entre passé et présent, entre l'Iran et la France, et nous raconte le destin exceptionnel et banal d'une famille déchirée par l'Histoire.

    Il y a dans ce livre des portraits qui forcent le respect, celui du père de Kimiâ, force incorruptible en rupture avec toutes les compromissions, celui de sa mère, militante au courage infini, et ceux de tout le clan Sadr, depuis trois générations, qui nous sont dépeints avec humour, nostalgie et humanité. Et bien sûr, il y a le portrait de Kimiâ elle-même, la narratrice, alter-ego de l'autrice, tiraillée entre deux cultures, dont on suit le parcours chaotique, cherchant sa voie là où c'est possible, se construisant tant bien que mal une identité avec les morceaux de toutes celles dont elle est faite. Nos fêlures sont-elles des handicaps ou des forces ? Doit-on se fondre dans le moule universel pour accéder au bonheur ou bien y-a-t-il d'autres chemins ? Cette question qui hante la narratrice est valable pour chacun d'entre nous, mais aussi, à une autre échelle, pour des pays entiers, France, ou Iran. Sont-ils prêts à accepter les diversités qui les composent ?

    C'est la grande réussite de ce roman que de parvenir à mêler à ce point les enjeux intimes et politiques et c'est pour cette raison que Désorientale est un grand livre, venu des tripes et qui fait mouche à chaque page.


  • Conseillé par
    22 mai 2017

    immigration, Iran

    Comment vous parler de ce roman qui circonvolutionne à loisirs ?
    Je n’ai pas aimé toutes les histoires racontées, mais j’ai pris plaisir à découvrir la famille Sadr et ce père si particulier.
    Le récit tient plus de l’historique que du littéraire : l’auteure replace chaque événement historique iranien dans son contexte. Pourquoi pas.
    La partie sur l’insémination artificielle m’a moins parlée, même si je comprends le parcours du combattant que la narratrice subit.
    Ce roman décrit en finesse que l’homosexualité a toujours existé, que les mères sont souvent plus perspicaces que ce qu’elles laissent voir, craignant le poids social.
    Un roman sur l’exil, aussi : comment un immigré doit d’abord se défaire de sa culture avant de pouvoir se fondre dans la culture de son pays d’accueil.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des pâtisseries et autres plats autour desquels la famille se retrouve toujours.

    http://alexmotamots.fr/desorientale-negar-djavadi/


  • 7 février 2017

    Le tourbillon de la vie.

    N. Djavadi nous livre un récit épique et foisonnant, conte des 1001 nuits autant que roman urbain. Une famille haute en couleur, l’Iran dans les tourments de l’histoire, l’exil et le chemin personnel de Kimia qui cherche son identité entre résilience et poids de la filiation sont autant de rayons à ce roman très solaire.


  • Conseillé par (Libraire)
    8 octobre 2016

    Envoûtante désorientation

    Paris, assise dans une salle d'attente, Kimiâ raconte son récit de famille entre légendes, engagement politique et exil. Sous l’œil et le sourire complices du lecteur, cette femme définit les contours de son identité... Un premier roman comme une renaissance !
    Carole


  • Conseillé par
    28 août 2016

    Un conte moderne décapant

    Difficile de croire qu'il s'agit d'un premier roman tant cette fiction nous emballe, nous enthousiasme et nous remue à la fois. Ce n’est pas la seule publication de cette rentrée littéraire à embarquer les lecteurs du côté de l’Iran, où l’auteure est née en 1969, mais c’est assurément l’une des plus inattendues.

    C’est sans aucun doute dans le terreau familial que Négar Djavadi a puisé une grande partie des traits de caractère de ses personnages. De ces intellectuels opposants au Shah puis à Khomeiny, elle a modelé Darius Sadr et sa femme, Sara, parents de Kimiâ, la narratrice, Leïli et Mina.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • Conseillé par (Libraire)
    25 août 2016

    L'écriture de Négar Djavadi est comme la vie de son héroïne, Kimiâ (et la sienne?) : d'abord désorientée, chaotique, déboussolée, puis peu à peu plus posée, plus stable, apaisée. L'exil, l'engagement politique, l'histoire de l'Iran sur trois générations, la recherche de l'identité, la maternité sont les thèmes dont elle esquisse les contours, cherchant toujours le ton le plus juste, celui qui collera le mieux à ses sentiments.
    Fuir l'Iran, devenir française, accepter sa différence, gommer ses traits, son accent, vivre avec son héritage familial hors du commun... A travers des aller-retours incessants entre passé et présent, la narratrice nous offre un portrait croisé de l'Iran et de la France, une histoire qu'on n'oublie pas.

    Marianne