À la table des hommes

Sylvie Germain

Albin Michel

  • Conseillé par (Libraire)
    2 janvier 2016

    Fable tragique

    Le nouveau roman de Sylvie Germain nous emmène au cœur de l'Europe, dans un pays non-identifié mais qu'on imagine balkanique, détruit par une guerre qui oppose les voisins aux voisins. C'est là que le héros de ce conte voit le jour, innocent et naïf, jeune éberlué assoiffé de connaissance perdu dans un monde qui s'acharne à être toujours plus bête.

    Cri du cœur, cri de révolte, ce livre est un message de paix aux humains qui ne cessent de l'oublier. Méthodiquement, Sylvie Germain démontre l’imbécillité de nos sociétés qui ont depuis longtemps oublié l'essentiel. Avec un personnage pur et sans passé, la leçon est d'autant plus percutante et laisse le lecteur abasourdi. Ce livre est un électrochoc. Et si nous faisions enfin la paix avec notre propre planète ?


  • Conseillé par (Libraire)
    25 juillet 2016

    Sous des faux airs de fable, à travers une écriture intense et poétique, Sylvie Germain nous livre un roman d'apprentissage d'une grande beauté et d'une grande justesse.
    Dewi


  • Conseillé par
    17 avril 2016

    un peu d'humanité

    Quelle idée de commencer un roman avec pour personnage principal un cochon ? Je craignais un peu cette entrée en matière, mais heureusement, cela ne dure pas, le cochon se transformant vite en homme (cet aspect quelque peu fantastique du roman m’a étonné, mais après tout, pourquoi pas).

    Ce point de départ explique que le personnage principal, Babel, perçoive le monde en couleurs et en senteurs. Un roman très olfactif et colorés, donc.

    Mais là où l’auteure m’a conquise, c’est en utilisant un vocabulaire très précis, un langage soutenu pour nous parler des bassesses des hommes. Sa langue nous projette littéralement dans les hautes sphères pour nous raconter combien les hommes sont terre à terre et violents.

    J’ai aimé le passage sur le Prix Nobel Piotr Kapitsa qui a fait le calcul du lieu de résidence de Dieu, soit à environ neuf années-lumières de la Terre.

    Il est également fait référence aux portraits du Fayoum, comme dans le roman-fleuve de Mathias Enard.

    Une auteure à part dans les lettres françaises.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la corneille se perchant sur les épaules de Babel, compagnon fidèle avec qui il communique.

    Une citation :

    « Et il a raconté la façon dont le physicien avait procédé pour évaluer la distance à laquelle ledit Dieu avait planté son trône céleste. Kapista s’était basé sur le lancement de prières émises en 1905, vers la fin de la guerre russo-japonaise, par des popes pleins de ferveur patriotique et leurs ouailles les plus dévotes. Dans leur appel, ils adjuraient Dieu de châtier leurs ennemis. La réponse était arrivée dix-huit ans plus tard, en 1943, sous la forme d’un violent séisme qui avait frappé une partie de l’île centrale du Japon(…). Les prières voyageant certainement comme les photons à la vitesse de la lumière dans le vide intersidéral, soit 300 000 kilomètres à la seconde, et l’accusé de réception de la part de Dieu idem, Kapista avait pu ainsi élaboré son calcul. » (p.194)

    http://alexmotamots.fr/?p=1783