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La Pire. Personne. Au monde.

La Pire. Personne. Au monde.

Douglas Coupland, Walter Gripp

Au Diable Vauvert

  • par (Libraire)
    19 novembre 2015

    Fou rire sur le huitième continent

    Le principal défaut de ce roman, c'est que vous allez seulement rire aux éclats. Parce que non, vous ne trouverez pas de sens caché, pas de matière à réflexion érudite, pas de métaphore ou de morale dissimulée entre les lignes (comme cela a parfois été le cas chez Coupland). Non. Juste du rire, à chaque page ou presque, dans cette épopée complètement barrée où notre malheureux et pathétique héros ira de mal en pis, de tuiles en catastrophe, alors qu'il pensait se la couler douce en filmant une sorte de Koh Lanta foireux sur une île paradisiaque entouré de nymphettes pas farouches.

    Cette pire personne au monde dont parle le titre, c’est donc lui, Raymond Gunt, loser magnifique, qui aime échouer avec panache et se rassurer avec une bonne rasade de mauvaise foi maladive et d’alcool fort. Affublé d’une ex-femme machiavélique et d’un assistant trouvé dans le caniveau, le voici embarqué vers l’archipel des Kiribati, au milieu du Pacifique, mais inutile de dire que le voyage sera mouvementé, entre allergies aux noix de macadamia, séquestrations militaires et petites alertes nucléaires.
    Bien qu’il ait connu le succès mondial avec Microserfs et Génération X, Douglas Coupland n’a jamais vraiment eu en France le lectorat qu’il méritait, malgré d’autres chefs d’oeuvre comme Girlfriend dans le coma ou Toutes les familles sont psychotiques.
    Pour remédier à cette injustice, l’auteur canadien nous revient ici à son top niveau : les blagues fusent, les situations loufoques se succèdent et le rythme ne faiblit pas d’un iota. Au cours de la lecture, on pense souvent à tous ces grands cyniques misanthropes américains, les Karoo, Bukowski, Nathan Zuckerman ou Exley qui ont fait le bonheur des lecteurs sarcastiques que nous sommes et véritablement, Raymond Gunt a tout ce qu’il faut pour rejoindre cette cohorte titubante de quinquagénaires aigris, follement inventifs et désespérément drôles.
    Au cinéma, on aurait appelé ça une comédie. En littérature, c’est un bon feel-good book, de ces romans qui vous font rigoler sans arrière-pensée parce que la bonne réplique tombe toujours au bon moment et que parfois, on ne demande rien de plus à un livre.
    Quant au huitième continent... vous verrez bien.