Eva dort

Eva dort

Francesca Melandri

Folio

  • 21 août 2019

    famille, Italie

    De l’auteure, j’avais beaucoup aimé son second roman "Plus haut que la mer", ainsi que son tout dernier "Tous, sauf moi".
    Je prends donc le temps de lire son premier qui se déroule en Italie, dans le Sud Tyrol où l’on parle allemand.
    Eva voyage en train depuis son Tyrol du Sud natal jusqu’en Calabre pour rendre visite à Vito, disparu de sa vie trop tôt.
    Durant ce trajet du nord au sud de l’Italie, de sa région frontalière et germanophone au Sud profond, c’est toute son enfance et l’histoire de sa mère Gerda qui défilent dans sa tête.
    Celle-ci, fille-mère, était parvenue à mener une prestigieuse carrière de chef cuisinière quand elle rencontra un sous-officier des carabiniers luttant contre le mouvement indépendantiste, Vito…

    Et Eva de se souvenir du destin du Haut-Adige, passé en 1919 de l’Empire austro-hongrois défait à l’Italie, que Mussolini essaya d’italianiser de force.

    Pendant 1 387 kilomètres, j’ai découvert l’histoire mouvementée de ce petit morceau d’Italie et de ses habitants.

    J’ai grandi avec Eva, suivi Gerda et ses amours malheureuses.

    Si j’ai suivi avec passion encore une fois le propos politique de l’auteure, j’ai moins aimé les paragraphes descriptifs du travail de Gerda en cuisine. Mais ils ne sont pas nombreux.

    J’ai tremblé avec Ulli annonçant son homosexualité à sa famille et rejeté par son petit frère. Mais j’ai passé de bon moment avec lui et Eva dans la dameuse.

    J’ai aimé Vito, droit et fière, qui adopte presque Eva, mais qui ne peut se résoudre à quitter sa mère.

    J’ai ri avec M.Song, immigré chinois, et devant se décider pour une appartenance : allemande, italienne ou ladine ?

    Et bien sûr, j’ai laissé dormir Eva.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la petite Eva et son ami Ulli dans leur refuge sur l’Himalaya.

    Une citation :

    C’est comme si quelqu’un n’avait pas envie que l’Italie devienne une vraie démocratie, lui avait dit Magnago. (p.391)

    https://alexmotamots.fr/eva-dort-francesca-melandri/


  • 18 avril 2016

    De sa région natale le Tyrol du Sud située au nord de l’Italie, Eva se rend précipitamment en train jusqu’en Calabre. Vito qui l’a élevée comme sa fille se meurt et veut la voir. Pourtant, il a brisé le cœur de la mère d’Eva, Gerda, et celui de l’adolescente qu’était Eva à l’époque. Un trajet de presque 1400 km durant lesquels les paysages défilent et permettent à la jeune femme de penser à son histoire familiale.

    Sur trois générations, l’auteur nous raconte non seulement l’histoire de la famille d’Eva mais également celle de la région frontalière et germanophobe du Haut-Adige appelée également Trentin. Issue d’une famille très modeste, la belle Gerda Huber dès l’adolescence travaille d’arrache-pied dans les cuisines d'un restaurant et ne rentre chez ses parents que rarement. Eva est le fruit d’un amour impossible et la famille de Gerda l’a reniée. Mais Gerda est courageuse, elle ne se laisse pas abattre et continue de travailler la tête haute. Eva est confiée à des cousins et ne voit sa mère que deux mois par an.

    Avec Eva et Gerda, l’auteur nous offre deux beaux portraits féminins dont certaines décisions sont liées à leur région. Il faut dire que Francesca Melandri met à jour les chocs, les changements qui ont marqué le Haut-Adige depuis le début du XXe siècle : l'identité culturelle, la langue, le fait de se sentir comme une personne non désirée dans sa région.
    Eva dort est le premier roman de Francesca Melandri. Cette fresque familiale liée à l’histoire s’attache aux personnages féminins et de nombreux thèmes sont abordés : les mères célibataires, l’homosexualité, les relations mère-fille, la diversité des régions de l’Italie, l’identité.

    Un premier roman fort bien réussi, sans temps mort, difficile à lâcher avec des personnages creusés. Avec l'histoire du Haut-Adige (que j'ignorais), ce livre est très attachant, riche et parfaitement équilibré. A mentionner la très bonne traduction !


  • par (Libraire)
    14 avril 2014

    L'histoire du haut-Adige, cette région annexée par l'Italie à l'Autriche après la chute de l'Empire austro-hongrois est
    largement évoquée dans ce roman. Mais surtout, c'est l'histoire de Gerda et de sa fille Eva. Celle-ci commence un long voyage, du Nord au Sud de l'Italie; pendant ces près de mille kilomètres, elle évoque l'histoire de sa famille, du courage maternel, de la rencontre amoureuse. Magnifiquement écrit, magistralement construit, ce roman se lit d'une traite. A travers l'Histoire du pays de 1919 à nos jours, c'est surtout le portrait d'un personnage féminin hors du commun.


  • par (Libraire)
    2 janvier 2014

    Le temps de traverser l'Italie en train, Eva pense à son histoire et surtout à celle de sa famille de culture allemande originaire du Tyrol du Sud, région "donnée" à l'Italie en 1919.
    Voici un très beau roman, saga familiale avec en toile de fond l'histoire politique de l'Italie au XXe siècle.
    Valérie