Attaquer la terre et le soleil

Mathieu Belezi

Le Tripode

  • Conseillé par (Libraire)
    20 novembre 2022

    📚❤️ Gros gros gros coup de coeur de Nadège et Agnès !

    Une plongée dans la colonisation de l'Algérie à travers deux points de vue, celui d'une mère de famille qui vient d'arriver dans le pays, en pleine désillusion, et celui d'un soldat sans scrupules qui ne fait que sa mission civilisatrice...
    Un livre poignant et inoubliable, écrit dans une langue magnifique ! Un nouveau regard plein de justesse sur cette période de l'Histoire encore peu évoquée.
    Pour nous, un des meilleurs livres de cette rentrée littéraire !


  • Conseillé par (Libraire)
    15 novembre 2022

    Un roman à couper le souffle sur un sujet peu connu : la conquête d'Algérie, raconté par deux voix qui s'entremêlent, celle d'une femme colon et celle d'un soldat cynique. Poignant.
    - Manon


  • Conseillé par (Libraire)
    5 novembre 2022

    Poignant !

    Au XIXème siècle, cinq cents colons français à qui on a promis 7 hectares à titre gratuit par famille, débarquent en Algérie, en pleine saison des pluies, hébergés sous des tentes, dans un camp de fortune surveillé par les soldats. Séraphine et sa famille tentent de survivre dans des conditions inhumaines, bercés par de douces illusions sur une terre promise qui va très vite devenir leur pire cauchemar. Un soldat relate la stratégie de dépossession des villages, par la terreur et le carnage (pillage, viol, exécution des réfractaires…) mise en œuvre par la République française. Ce roman propose un double regard (une femme de colon sans espoir et un soldat cynique, bourreau naïvement bienfaiteur) qui permet d'aborder une période peu évoquée de l’histoire de la colonisation en Algérie. Une écriture brute qui oublie les points pour aborder la violence, la perte, la folie et la résilience.


  • Conseillé par (Libraire)
    13 octobre 2022

    Attaquer la terre et le soleil

    Les atrocités absurdes (ou absurdités atroces) de la colonisation de l'Algérie durant les années 1840. Deux points de vue alternent : celui d'un soldat évoluant au sein d'un bataillon sanguinaire chargé de mater les rebellions et celui d'une femme partie de France avec sa famille pour cultiver une terre rétive.
    Pas franchement de la littérature "feel good". De la très bonne littérature tout de même !


  • Conseillé par (Libraire)
    4 octobre 2022

    Deux personnages prennent ici la parole, deux voix pour dire l'illusion coloniale. Une mère et épouse venue chercher en Algérie une nouvelle vie, un soldat en mission consumé par la furie et la violence.
    Belezi emporte et bouleverse une nouvelle fois avec ce roman "algérien" écrit dans la langue poétique tour à tour incandescente et incantatoire.

    Sébastien.


  • Conseillé par (Libraire)
    30 septembre 2022

    Coup de Cœur de Cyril

    Raconter la colonisation de l'Algérie en empruntant le point de vue des français qui ont été envoyé sur place. En alternant les monologues d'une colon et d'un soldat, Belezi nous entraine dans la folie des Hommes les plus humbles. Et le tout avec une plume et une poésie inégalée !
    Magistral !
    Libraire la Promesse de l'Aube


  • Conseillé par (Libraire)
    8 septembre 2022

    Une oeuvre qui transperce !

    L'écriture de Mathieu Bélézi est subliment terrible : brute, droite, elle ne rate aucune cible, aucun cœur, elle plonge dans les fissures de l'âme humaine et en ressort sanguinolente. Le sujet est subtilement traité, les chapitres adroitement mêlés, les personnages travaillés... Une œuvre dure et brulante. Une œuvre qui transperce !

    Pauline


  • Conseillé par (Libraire)
    8 septembre 2022

    "Encore une sacrée pépite dénichée par le Tripode.
    Décidément cet éditeur a le nez creux pour découvrir de fulgurants manuscrits.
    Mathieu Belezi n’est pas un perdreau de l’année. Il a déjà publié plusieurs romans , beaucoup sur l’Algerie et la colonisation. Mais ce texte n’est pas un parmi d’autres. C’est un roman incroyablement fort sur la colonisation algérienne par la France , sur l’envahissement d’une terre par des troupes armées et un peuple persuadé du bien fondé de sa présence sur un territoire qui n’est pas le leur.
    Un texte macabre et désespéré, mais écrit avec une langue incroyablement puissante et travaillée, c’est LE grand roman sur la colonisation algérienne que signe ici Mathieu Belezi. Et assurément l’un des très grands textes de cette rentrée."

    Guillaume, libraire Charlemagne Toulon


  • Conseillé par (Libraire)
    5 septembre 2022

    Incandescent

    C’est comme le soc de la charrue qui fend la terre en deux, cette terre qui n’a jamais été ouverte aux graines et aux semences, cette terre ingrate d’Algérie que viennent travailler des colons de France encouragés par leur gouvernement dans les années 1840. A droite du sillon ces colons venus sur la frégate Le Labrador d’Aubervilliers, de Marseille ou d’ailleurs: « Vous êtes la force, l’intelligence, le sang neuf et bouillonnant dont la France a besoin sur ces terres de barbarie ». A gauche, derrière le soc, des soldats venus « pacifier » les barbares, apporter la civilisation au bout de leurs fusils, de leur violence: « C’est vrai qu’on n’est pas des anges mais a-t-on besoin d’anges pour pacifier ces terres de barbarie ? ».
    L’écriture de Mathieu Belizi est comme cette charrue, elle divise l’histoire en deux. Celle de Séraphine, femme colon qui arrive avec sa famille. Et puis celle d’un soldat ordinaire qui apporte sa violence comme un bienfait civilisateur.

    Le récit est lourd, grave. Peu de ponctuation comme pour rendre plus fluide la parole et rendre encore moins exceptionnelle cette violence banale qui ne mérite pas de majuscules, de grandiloquence ou d’effets de style.
    Seuls dans leurs souffrances Séraphine et le soldat anonyme ne se rencontreront pas. Pions sur un échiquier, on les déplace à leur insu, les faisant porteurs d’une félicité et d’un bonheur impossibles.
    Grand est ce texte impitoyable.

    Chronique complète :

    C’est comme le soc de la charrue qui fend la terre en deux, cette terre qui n’a jamais été ouverte aux graines et aux semences, cette terre ingrate d’Algérie que viennent travailler des colons de France encouragés par leur gouvernement dans les années 1840.
    A droite du sillon ces colons venus sur la frégate Le Labrador d’Aubervilliers, de Marseille ou d’ailleurs: « Vous êtes la force, l’intelligence, le sang neuf et bouillonnant dont la France a besoin sur ces terres de barbarie ».
    A gauche, derrière le soc, des soldats venus « pacifier » les barbares, apporter la civilisation au bout de leurs fusils, de leur violence: « C’est vrai qu’on n’est pas des anges mais a-t-on besoin d’anges pour pacifier ces terres de barbarie ? ».

    L’écriture de Mathieu Belizi est comme cette charrue, elle divise l’histoire en deux. Celle de Séraphine, femme colon qui arrive avec sa famille, son mari, ses enfants. Et puis celle d’un soldat « ordinaire », non gradé, qui apporte sa violence comme un bienfait civilisateur.

    Des deux narrateurs, on ne sait rien de leur passé, de leurs histoires qui les amènent sur le sol algérien. Ils sont là, neufs, sur un territoire neuf comme à la Genèse du monde quand le monde animal va se soumettre peu à peu à l’intelligence et au savoir faire de l’Homme. Créer le monde cela n’est pas simple. Pour les colons, il faut affronter le sursaut de la nature et de ses épidémies comme le choléra, il faut se protéger de ces inconnus qui massacrent femmes et hommes quand ils s’éloignent des camps de toile. Pour les soldats il faut tuer et tuer encore pour prendre possession des villages, accaparer les provisions, violer les femmes et trancher les têtes des rebelles.

    Le récit est lourd, grave, il nous emmène dans l’effroi, l’horreur comme une caméra subjective portée par les soldats. Nous sommes au XIX ème siècle mais nous avons le sentiment pareillement de rentrer dans les rues d’Oradour sur Glane, de fracasser les portes de la Casbah d’Alger un siècle plus tard. Peu de points, de virgules, de ponctuations, comme pour rendre plus fluide la parole et rendre encore moins exceptionnelle cette violence banale qui ne mérite pas de majuscules, de grandiloquence ou d’effets de style.
    Seuls dans leurs souffrances Séraphine et le soldat anonyme ne se rencontreront pas, chacun restera cloîtré dans sa condition de civilisateur amenés là presque à leur insu, pour satisfaire les besoins de puissance d’une nation. Pions sur un échiquier, on les déplace à leur insu, les faisant porteurs d’une félicité et d’un bonheur impossibles. « Ils voyaient loin, ils voyaient grand » leur fait on croire.

    Grand est ce texte impitoyable.


  • Conseillé par (Libraire)
    3 septembre 2022

    Parler du fantôme de Faulkner n'a jamais été aussi vrai dans ce récit choral époustouflant, tant le bruit et la fureur de la colonisation française de l'Algérie au XIXe siècle - triste épisode de notre roman national passé sous silence - nous frappent de plein fouet.
    Vous ne sortirez pas indemnes de ce grand roman, dont la langue et l'écriture féroce et d'une beauté crépusculaire vous marquent pour longtemps !


  • Conseillé par (Libraire)
    1 septembre 2022

    Une lecture marquante

    L'écriture de Mathieu Belezi est sans concession, âpre, à l'image de ces personnages pris dans l'engrenage terrible de la colonisation algérienne au XIXe siècle.
    Tout est vain, il dépeint un désastre à travers la voix d'une femme déjà consciente des catastrophes à venir, débarquant sur un territoire qu'elle ne connaît pas "c'était comme si chacun de nous, pauvres et natifs apprentis colons à peine débarqués, était déjà en train de pourrir et de se décomposer". Et celle des soldats français, suivant des directives iniques, pillant un pays et piétinant la dignité des autochtones. Mathieu Belezi tranche par un style incisif, un langage parfois trivial, un rythme oscillant entre langueur et célérité et dénonce avec force la folie et la barbarie de ces hommes.
    Un texte bref, une lecture marquante.


  • Conseillé par (Libraire)
    26 août 2022

    Conseillé par Stéphanie

    Deux voix se croisent sans se rencontrer. L'une est celle de Séraphine, l'autre celle d'un soldat.
    Alors qu'au XIXème siècle la France décide de faire de l’Algérie une véritable colonie de peuplement, l' Etat fait miroiter à des milliers d'hommes et de femmes la perspective d'hectares de terres offertes.
    C'est cette promesse de jours meilleurs qui convainc Henri, sa femme Séraphine, sa soeur et son mari. Ils embarquent à Marseille avec leurs trois enfants pour aller vivre dans une colonie agricole. Les discours étaient beaux mais c'est le malheur et la rude besogne qui les attendent sur cette terre aride revêche et menaçante.
    Le soldat, lui, n'est plus qu'un animal attaché à son chef de meute, un capitaine sanguinaire, qui ordonne de tuer, piller et violer au nom de la France.
    Ce court roman est magnifiquement écrit. Au rythme de la baïonnette qui transperce, de la lutte de l'homme contre la nature et une population qui ne veut pas de lui, le lecteur est touché par la complainte de ces âmes broyées, perdues dans un combat qui les dépasse.
    "Attaquer la terre et le soleil" est un livre saisissant qui dit avec poésie tout à la fois la violence, la déshumanisation et la grande humanité intrinsèques à l'homme.


  • 3 août 2022

    Un récit âpre, percutant, véritable uppercut

    XIXème siècle, une poignée de colons français encouragés par l'Etat s'installent sur les terres arides et infertiles de l'Algérie, promesse d'un avenir meilleur. Dans le même temps, les soldats de la République envoyés pour "pacifier" le pays se livrent aux pires outrages sur les populations locales. Plusieurs mondes se frottent et se heurtent dans l'incompréhension et l'ignorance la plus totale les uns des autres.
    "Attaquer la terre et le soleil" évoque la genèse de la colonisation en Algérie, un récit âpre, percutant, véritable uppercut !