• par (Libraire)
    12 mai 2020

    Souvenirs, souvenirs

    Intrigue familiale, suspens psychologique et tueur en série : un cocktail bien corsé pour un roman où la mémoire joue le premier rôle.
    Autour d'une scène traumatique originelle, le massacre des parents, Dan Chaon construit un roman de la relativité. Voit-on tous la même chose ? Et même si nous voyons la même chose, sommes-nous capables de nous en souvenir de la même manière ?
    Jonglant avec les points de vue, l'auteur nous balade dans un tourbillon passionnant où rien n'est jamais certain, sauf peut-être la science, celle qui innocente Rusty, accusé à tort de la tuerie et qui sort de prison au début du roman, trente ans après y être entré.
    Inventif, noir, addictif, c'est un roman policier sans policier, une enquête aux confins de l'intellect humain, là où sommeille le pire des assassins : l'oubli.


  • 13 mars 2020

    meurtres, psychologie

    Je ressors de la lecture de ce roman, comment dire…. mal à l’aise.

    D’abord parce qu’il raconte : une famille américaine en pleine déliquescence depuis la mort suite à un cancer de la mère. Le fils aîné part faire ses études, et le second tombe dans la drogue.

    Le père, psychologue, s’enfonce peu à peu dans la recherche d’un tueur en série avec l’aide d’un de ses patients Aqil. Etrange homme, par ailleurs.

    N’oublions pas la famille du père : son frère adoptif juste libéré de prison pour le meurtre des parents et pour lequel il a été innocenté ; sa cousine Kate qui l’appel sans cesse ; et le mystère du meurtre de leurs parents toujours pas résolu.

    Qui a menti ? Dustin et Kate pour charger Rusty ? Rusty qui se sent coupable depuis la mort de sa propre mère dans un incendie dont il ne sait pas si c’est lui qui l’a allumé ?

    Tout ceci est bien embrouillé, n’est-ce pas.

    N’oublions pas la narration chorale avec les pensées et les voix de Dustin ou de son second fils (et la disparition de son ami Rabbit).

    La voix de Dustin, justement, qui ne termine jamais ses phrases et qui, parfois, s’absente en pensée.

    Un roman où l’attente est le maître mot : la femme de Dustin a attendu trop longtemps avant de parler de sa maladie fatales à ses enfants ; Dustin lui-même a attendu trop longtemps avant de parle rà sa femme de la libération de son frère.

    Et puis ce mantra de Dustin à ses patients : Le Tao dont nous parlons n’est pas le vrai Tao (de Lao Tseu ?!)

    N’oublions pas que Dustin a rédigé sa thèse sur les faux souvenirs d’abus sataniques.

    Un roman qui pose la question de la mé-moi-moi-re.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du bruit des roulements de skate qu’entend Dustin quand il ne va pas bien. Un bruit obsédant.

    https://alexmotamots.fr/une-douce-lueur-de-malveillance-dan-chaon/