Apre coeur

Apre coeur

Jenny Zhang

Philippe Picquier

  • par (Libraire)
    28 janvier 2019

    Dans les années 2010, des familles chinoises migrent aux États-Unis. Les héroïnes, Christina, Lucy, Frangie ou Annie ont des prénoms occidentalisés. Leurs conditions de vie sont difficiles...matelas remplis de punaises, des rats courent entre leurs jambes...Ils trouvent des locations délabrées, de pénibles emplois..Elles vont connaître le racisme, la violence, la rivalité et jalousie communautaires mais heureusement une solidarité s'installe entre elles.
    Roman vivant, touchant, rythmé et enrichissant sur les migrations chinoises.


  • par (Libraire)
    4 janvier 2019

    Éblouissant !

    "Pourquoi ces gens ont-ils des enfants s'ils n'ont pas l'intention de les aimer ?"
    Voilà ce que se demande la maman de Jenny, immigrée chinoise aux Etats-Unis, dans l'une des histoires de ce roman mosaïque bouleversant qui nous invite dans l'intimité de ces familles qui ont tout sacrifié pour tenter l'aventure du rêve américain.
    Un rêve qui tourne au cauchemar pour beaucoup de ces personnages, bosseurs acharnés, pleins d'abnégation et d'espoir, mais à qui on ne donne pas le droit d'être autre chose que des figurants, des livreurs de nems, dans un pays où règne la loi de la jungle. Racisme, promiscuité, insalubrité des logements, précarité des revenus, cette vie de survivance nous est décrite dans les moindres détails, et à hauteur de petite fille.

    Au fil de ces histoires croisées, vous apprendrez ainsi à connaître Jenny, qui réussit à s'échapper à Stanford, Christina, dévorée par les démangeaisons, Lucy, la plus belle de l'école, et à chaque fois, mesurerez à quel point le destin de ces petites ne tient qu'à l'amour de leurs parents et à la hauteur de leurs sacrifices.
    A lire ces lignes, on pourrait penser qu'on tient là un livre misérabiliste, un tire-larmes pathétique, et pourtant c'est tout le contraire, car le génie de Jenny Zhang tient en une langue violente, dynamique et incroyablement drôle. Chacune de ces voix de gamines cingle et cogne, avec un sourire en coin et un croche-patte au passage. On rit beaucoup dans ce livre, on a le coeur serré aussi face au courage de ces filles déterminées à garder le sourire face à l'adversité.
    "Je voulais vivre une vie sans rêves dans mon inconscient et en avoir plein quand j'étais consciente." dit Lucy, qui n'aime pas les cauchemars.
    C'est un premier roman poignant, de ceux dont on sort changé, par son audace, par son brio, par sa rage flamboyante.