Dans l'ombre du brasier

Dans l'ombre du brasier

Hervé Le Corre

Rivages

  • 6 juin 2019

    "Je ne sais pas s'ils sont courageux ou fous".

    Hervé Le Corre nous plonge dans le chaos des derniers jours de la Commune, au printemps 1871. Paris, déjà exsangue après l'encerclement de l'armée allemande, est alors assiégée depuis trois mois, tenaillée par la famine, offrant le désolant spectacle de silhouettes osseuses faisant la queue devant ses magasins, de cadavres trouvés au matin dans ses ruelles, de ses maisons éventrées, de ses rues hérissées de barricades. Les rares habitants n'ayant pas fui se terrent chez eux, les bourgeois ayant quant à eux déserté en chargeant quelque domestique laissé sur place de veiller à ce que la canaille ne pille pas leurs salons...

    Après la guerre contre la Prusse, la ville est ainsi le théâtre d'une guerre fratricide, les ouvriers parisiens se soulevant contre la nouvelle assemblée formée par Thiers, devenu chef de l'exécutif après la chute du Second Empire et dont l'une des premières prérogatives est d'écraser la Commune. En cette fin mai 1871, ladite Commune est moribonde, pilonnée par les Versaillais qui reprennent peu à peu, rue après rue, la capitale par le sud-ouest. Paris grouille de l'armée de fortune constituée par les gardes nationaux, souvent plus idéalistes que soldats, pas assez nombreux, pas assez armés, qui se désorganise en réalisant que ses espérances n'ont abouti qu'à un cul-de-sac. À la lutte en armes pour un monde nouveau succède une guerre où chacun ne pense bientôt qu'à sauver sa peau. C'est un carnage qui s'annonce...

    Au cœur de ce chaos, Hervé Le Corre met en scène un trio de communards : Nicolas Le Bellec, fils d'agriculteur breton, le fougueux Adrien, tout juste sorti de l'adolescence, et Joseph Favereau, surnommé Le Rouge, autant pour ses opinions politiques que pour la rousseur de cheveux. Ils sont inséparables, se sont promis fidélité "à la vie à la mort", et ne songent pas une seule seconde à déserter. Ils iront jusqu'au bout de ce combat, fidèles à cet espoir qui a fait se lever les humbles et les opprimés, et peu importe si au bout de ce chemin, c'est la mort qui les attend : la Commune a montré au peuple l'existence d'une clarté dont il faudra, à l'avenir, alimenter la flamme.

    Pour autant, "Dans l'ombre du brasier" ne se limite pas au portrait de ces valeureux, qui donnerait une idée faussée non seulement de l'ambiance qui règne dans ce Paris dévasté, mais de l'humanité en générale... Aux oasis de franche camaraderie, aux élan de solidarité qui permettront à plusieurs reprises à nos héros de sauver leur peau, à l'endurance des infirmières improvisées et des médecins qui s'échinent, dans les hôpitaux de fortune à soigner, réparer, réconforter, malgré la mort qui souvent gagne, il oppose les mesquineries, la bassesse, les délations, les violences injustifiées qui sont d'ailleurs le fait des deux camps.

    Indifférents à la révolte des uns comme aux engagements des autres, profitant du désordre ambiant, certains, le crime ne prenant pas de congé, continuent à s'adonner à leur perversion. Ainsi ce photographe qui prend des clichés pornographiques de jeunes filles préalablement droguées, que lui "fournit" Henri Pujols, malfrat défiguré, démoniaque et en même temps pétri d'angoisses irrationnelles, qui les kidnappe à l'aide d'un fiacre conduit par un cocher au visage velu... Antoine Roques, désigné comme chef de la sûreté par le comité de la Commune, enquête sur ces enlèvements, auxquels l'insaisissabilité et la physionomie repoussante des criminels confèrent une dimension presque surnaturelle.

    Vous l'aurez compris : à la fois roman historique et enquête policière, "Dans l'ombre du brasier" est un texte dense, dont l'intrigue se développe sur des pans multiples, et c'est peut-être la limite de ce récit par ailleurs excellent, mais qui n'exploite pas complètement toutes les pistes qu'il entame. Il n'en pas moins fort prenant, grâce en grande partie à l'écriture d'Hervé Le Corre, précise et imagée, à la fois vivante et élégante, dont la poésie se mêle naturellement à la violence et à l'abjection comme au souffle épique qui porte le texte de bout en bout, et rend ses personnages mémorables.


  • 12 avril 2019

    Conseillé par Coralie

    Hervé Le Corre n'en est plus à son coup d'essai. Après "l'homme aux lèvres de saphir", publié en 2004, qui nous embarquait à la fin du Second Empire, Hervé Le Corre nous emporte à nouveau au cœur d'un événement historique passionnant: la Commune de Paris de 1871. Une enquête riche et détonante au plus près du conflit et des hommes et femmes du peuple.

    Quel meilleur instrument que le roman policier pour entrer dans une période historique si dense et passionnante et pourtant aussi méconnue que la Commune ? Ce douzième roman de l'auteur nous raconte les dix derniers jours de la Commune, la fin d'une utopie, la lassitude, l'abandon et le courage des derniers combattants. Cette période historique est peu étudiée, mal connue. Ainsi, Hervé Le Corre, grand passionné d'histoires et de luttes sociales nous permet d'entrer par la petite porte au plus près de ces petites gens qui ont œuvré pour défendre ce mouvement et rêvé qu'il devienne une réalité pérenne, qu'il nourrisse les réflexion futures, que cette révolte devienne un modèle. Au cœur de ce conflit, de ce cauchemar de tous les instants, c'est Antoine Roque qui va mener la danse, ou au moins l'enquête. Cet homme, nommé commissaire aux premiers jours de la Commune, va rapidement s'inscrire dans la vie de son quartier, il va se prendre au jeu et vouloir défendre chacun de la façon la plus juste qui soit. Quand une série d'enlèvements de jeunes filles commence à se révéler, il va se jeter à corps perdu dans l'enquête afin de sauver une jeune femme enfermée dans une cave, Caroline. Caroline est infirmière, elle soigne les blessés de la Commune, elle aide avec ce qu'elle sait faire. Et au-dessus de ce conflit, elle attend de retrouver son petit ami, Nicolas Bellec, sergent au service de la Commune et prêt à défendre Paris corps et âme.

    Pour sauver Caroline, Antoine franchira des barricades, jouera au chat et à la souris avec les Versaillais et gagnera courage et confiance au fil de sa quête. Sur son chemin, l'inquiétant Pujols, qui enlève des jeunes femmes, les drogues et les fait poser pour des photographies pornographiques aidé de son associé le cocher Clovis au visage balafré, qui effraie tous ceux qui osent l'approcher.

    Au fil de cette histoire, on sent le poids de la documentation accumulée par Hervé Le Corre, on ressent son appétence pour les luttes et les soulèvements populaires. Mais quels sont les véritables héros de cette histoire ? Est-ce Antoine Roque, le commissaire, Caroline l'infirmière ou Nicolas Bellec le sergent ? Ou alors sont-ce les balles que l'on entend à chaque coin de chapitre, les cris, la lutte ?

    Comme savent le faire les grands écrivains contemporains, Hervé Le Corre nous plonge avec lui au cœur d'un évènement qui résonne aujourd'hui de nos luttes quotidiennes. Il manie la langue, l'histoire, les héros comme le génie qu'il est du roman noir.

    © Page des Libraires


  • 28 mars 2019

    Dans l'ombre du brasier

    Paris, 1871, derniers jours de la commune.
    Dans l'enfer des combats qui font rage dans les rues de la ville, des jeunes filles disparaissent. Antoine Roque est chargé de mener l'enquête, mais comment poursuivre des investigations dans un Paris en proie à la guerre civile?
    En parallèle, Nicolas prend part aux affrontements sur les barricades mais Caroline, sa promise, disparait à son tour.
    Toute la force de ce roman réside dans la superpositions des voix au coeur du brasier. C'est fort, c'est poignant, c'est percutant.
    Un magnifique roman noir.


  • par (Libraire)
    28 février 2019

    Plongez avec les communards dans l'enfer des rues de Paris pendant la Semaine Sanglante. Un roman noir et terriblement humaniste, à couper le souffle !


  • par (Libraire)
    22 février 2019

    Imposant

    Roman noir, roman historique "Dans l'ombre du brasier" emporte le lecteur dans la fougue et la folie sanglante de la Commune de Paris. Mai 1871, dix jours de lutte, d'espoirs, de doutes et de déroutes, de morts innombrables et de dévastations qui laissent le champ libre aux criminels opportunistes avides de gloire, de sang et de ténèbres. Imposant !


  • par (Libraire)
    14 février 2019

    Une fresque monumentale, un roman historique où l’effroi, la saleté, la violence sont le quotidien des personnages. Du jeudi 18 mai au dimanche 28 mai 1871, les barricades appartiennent au paysage parisien. Hervé Le Corre nous invite dans l’enfer des 10 derniers jours de la Commune où les disparitions étranges de plusieurs femmes se mêlent aux corps ensanglantés. Antoine enquête, Nicolas se bat et Caroline survit...quant à nous, nous tournons les pages en espérant une fin clémente ! À lire avec délectation.
    Delphine


  • par (Libraire)
    26 janvier 2019

    Crimes et chatiments

    Alors que le tonnerre des canons "versaillais" sonne le glas des communards, Antoine Roques, Commissaire de la police de Paris, part à la recherche d'un mystérieux cocher défiguré, lié à l'enlèvement de plusieurs parisiennes. Les recherches s'organisent dans la capitale dévastée, où se croisent soldats blessés, civils et infirmières dépassés et criminels de la pire espèce. Le Corre livre un nouveau polar singulier, dont les fondements historiques immergent le lecteur avec brio. Un immense roman.


  • par (Libraire)
    24 janvier 2019

    Passionnant

    Les onze derniers jours de la Commune de Paris, « la semaine sanglante ».Les Versaillais, aux ordres de Thiers vont bombardés et massacrés les Parisiens insurgés. C’est dans ce décor que se déroule le dernier roman d’Hervé Le Corre. Dans ce chaos des jeunes femmes disparaissent dont la fiancée de Nicolas Bellec un sergent breton qui fait parti du 105ème bataillon des fédérés,il fera tout pour la retrouver…Entre roman noir et roman d’aventure vous êtes emportés dans le tourbillon de l’Histoire.


  • par (Libraire)
    16 janvier 2019

    La semaine sanglante

    Mai 1871: La Commune de Paris vit ses dernières heures.
    Dans le chaos et la confusion ambiants, des jeunes filles sont enlevées par un mysterieux cocher.
    Tandis que les combats font rage, un policier met tout en oeuvre pour les retrouver.
    15 ans après "L'Homme aux lèvres de saphir", Hervé Le Corre nous entraine à nouveau dans les rue du Paris Communard, avec ce roman plein de bruit et de fureur, de colère et d'espoir, d'humanité et de fraternité.
    Un grand roman d'aventures, haletant et terriblement émouvant.


  • par (Libraire)
    15 janvier 2019

    Se pourrait-il que le roman historique le plus marquant de 2019 nous soit parvenu dès le 2 janvier ? En ce début d'année, le talentueux et pourtant modeste écrivain, Hervé Le Corre, nous donne une double leçon, historique et littéraire : "Dans l'ombre du brasier" se déroule à Paris du 18 au 28 mai 1871, pendant les dix derniers jours de la révolte de la Commune. Presque tous les bourgeois ont quitté Paris, Adolphe Thiers lève une armée à Versailles afin d'écraser les insurgés pendant que les Communards tiennent fébrilement les barricades... De ce bord-là, il y a Nicolas Bellec, de Saint-Pabu et Caroline, sa promise, infirmière de fortune. Nicolas a pour compagnons Joseph Favereau, dit Le Rouge, un dur à cuire et Adrien, un gamin de tout juste quinze ans. Tous plus courageux les uns que les autres, tous résolus coûte que coûte à mener le combat jusqu'à son terme. Et pour maintenir l'ordre, un délégué à la sûreté a été élu : Antoine Roques qui, relieur de profession, hérite de la lourde responsabilité d'empêcher la ville de sombrer dans le chaos, entouré d'hommes qui ne savent plus trop à quel saint se vouer. Prenant sa tâche à cœur, le tout nouveau commissaire se met à la recherche d'un ravisseur de jeunes filles à la mine patibulaire. Cette crapule, c'est Henri Pujols, un personnage déjà présent dans "l'Homme aux lèvres de saphir". Pour ces hommes et ces femmes en lutte, au destin contrarié, c'est une course contre le temps qui s'engage.
    À la manière des grands feuilletonistes de l'époque, Hervé Le Corre nous offre un roman magistral sans aucun temps mort, aucun personnage inutile ni aucun mot superflu. Une nouvelle fois, l'auteur d'"Après la guerre" excelle à mettre en scène des petites histoires d'anonymes dans les décors fascinants de la Grande Histoire. Le lecteur est littéralement transporté !


  • par (Libraire)
    10 janvier 2019

    Roman noir historique palpitant.

    Hervé Le Corre est l’une des grandes voix du roman noir français contemporain.
    L'intrigue de son dernier livre « Dans l’ombre du brasier » se déroule pendant la Commune de Paris, au cœur de la semaine sanglante. Le roman est construit autour de ces 10 jours, du 18 au 28 mai 1871. La complexité de cette période historique est superbement retranscrite. Il nous fait sentir la crasse, la fumée, la poussière, les bombardements,...
    On suit les communards : le sergent Nicolas Bellec qui court d'une barricade à l'autre avec ses deux amis, Le Rouge et Adrien, un gamin de 16 ans. Son amoureuse, la jeune Caroline est séquestrée par Pujols avec l'aide de Clovis, un mystérieux cocher.
    Antoine Roques, promu commissaire par la commune, va tout faire pour la retrouver.


  • par (Libraire)
    6 janvier 2019

    Dans l'ombre du brasier est le nouveau roman d'Hervé Le Corre. Nous sommes au temps de la Commune de Paris, cette période insurrectionnelle de l'histoire de France qui n'aura duré que 2 mois et dont la dernière semaine est appelée " la semaine sanglante". Nicolas Bellec combat avec les communards et sa bien-aimée Caroline,couturière devient infirmière. Pujols, personnage intrigant dépeint remarquablement par l'auteur. Antoine Roques débute un enquête sur la disparition mystérieuse de très jeunes femmes.
    Roman captivant à la fois historique, policier, d'aventures écrit dans un style ample et brillant...un réel plaisir de lecture!