Moronga

Moronga

Horacio Castellanos Moya

Anne-Marie Métailié

  • par (Libraire)
    24 août 2018

    Paranoïa chronique

    Deux rescapés de la guerre civile salvadorienne atterrissent aux Etats-Unis pour y refaire leur vie. Attention, choc thermique !
    Castellanos Moya excelle dans l'art de scruter les hommes que l'Histoire a marqués au fer rouge. Après "La servante et le catcheur" et surtout "Le rêve du retour", l'auteur explore un peu plus dans ce roman la cicatrisation de blessures impossibles à refermer avec un humour ravageur et une vraie humanité.

    Divisé en deux parties aux tons très différents, "Moronga" s'amuse de la société américaine pour son puritanisme maladif et souvent plus malsain que le mal, à tel point que pour un immigré, la paranoïa peut vite s'installer. Qui sait si le fait de reluquer les cuisses d'une étudiante ne sera pas capté par une caméra de vidéosurveillance et vous jettera en prison pour des années, voire pire, dans un avion pour le Salvador ?
    De l'autre côté de la caméra, un autre immigré, blessé par la même guerre, s'ennuie. Comment reprendre une vie normale quand on a tenu des armes et essuyé des tirs ? Et comment le faire dans une ville américaine, proprette et aseptisée ?
    Vraiment, si vous ne connaissez pas encore cet auteur, foncez sur une perle de la littérature sud-Américaine qui en cache beaucoup d'autres car vous le verrez, toutes les oeuvres de Castellanos Moya sont reliées pour désormais brosser la fresque ample et virtuose de la famille Aragón, et plus largement, de la violence qui a ravagé son pays pendant tant d'années.