Les fantômes du vieux pays

Les fantômes du vieux pays

Nathan Hill

Gallimard

  • par (Libraire)
    18 septembre 2017

    700 pages prodigieuses !

    Alors qu’il est sur le point de se faire poursuivre en justice par son éditeur (parce qu’il ne lui a pas remis un manuscrit pour lequel il avait reçu de conséquents à-valoir), Samuel apprend que sa mère, qui l’a abandonné quand il avait 11 ans, a agressé un candidat à la présidentielle en lui jetant des cailloux… Repérant-là une aubaine, il propose à son éditeur de rédiger un ouvrage révélation sur l’histoire de sa mère ! Se plongeant dans l’histoire de Faye, Samuel s’aperçoit qu’il ne la connaît qu’à peine : d’une adolescence dans les années 1960 à l’attentat du 11/09/2001 en passant par les émeutes à Chicago et la guerre du Vietnam, il découvre la vie d’une femme en prises avec ses démons et revisite l’histoire contemporaine des États-Unis.
    Passionnante de bout en bout, cette fresque ambitieuse entraîne le lecteur au cœur des vies de nombreux personnages secondaires : Pwnage, accro aux jeux vidéo, Bethany, la violoniste prodige, Bishop, traumatisé dans son enfance, ou encore Frank, l’émigré norvégien aux histoires de fantômes ! Plongez-vous dans ce roman comme on les aime tant, prenants et brillants, vous serez scotchés jusqu’aux ultimes révélations… C’est magistral !


  • par (Libraire)
    14 septembre 2017

    Mascarade

    Amateurs de pavés américains, réjouissez-vous!
    Le premier roman du virtuose Nathan Hill est une somme romanesque captivante, pleine de rebondissements, un puzzle merveilleusement ficelé d'une ambition folle.
    D'une écriture haletante à vous couper le souffle, l'auteur nous transporte d'un tableau à l'autre faisant émerger des thèmes aussi variés que la relation mère-fils, l'amitié, la perte, la solitude, l'amour et la pornographie, mais aussi dénonçant avec causticité les travers de la société américaine, la politique, le monde des jeux vidéos et la malbouffe.
    Oscillant entre humour et tragédie, ce roman complètement addictif est aussi une profonde réflexion sur l'identité et la conscience de soi.
    Dix ans auront été nécessaires à l'écriture de cette oeuvre brillante à découvrir de toute urgence.


  • par (Libraire)
    9 septembre 2017

    Samuel, jeune professeur d'université à Chicago, compense sa solitude et son manque d'épanouissement professionnel par le jeu vidéo en ligne.
    Quand, pour sortir d'une impasse, il déclare à son éditeur tyrannique qu'il prépare un roman sur Calamity Packer qui n'est autre que sa mère, il n'a d'autre choix que de partir à la recherche de celle qui l'a abandonné quand il avait 11 ans.
    Plus que des fragments de vie, ce sont des réponses à ses propres questions que Samuel cherche désespérément.
    Alternant le sarcasme et la tragédie, les années 60 et les années 2000, Chicago et la Norvège, Nathan Hill dépeint les États Unis et leurs paradoxes, les jeunesses protestataires et les silences de la vie.
    Plongez dedans !


  • 7 septembre 2017

    Une lecture jubilatoire

    Le point de départ de cette histoire c'est une vieille dame, surnommée Calamity Parker, qui agresse le Gouverneur Parker à coup de jet de pierre. Et nous voilà lancés pour 700 pages dans le destin de cette femme, racontée par son fils Samuel, prof d'université qui se voudrait romancier mais n'a rien écrit depuis 10 ans.
    Dans ce roman incroyablement bien mené, on croise une violoniste virtuose, un soldat déployé en Irak, un accro des jeux vidéo, une étudiante un peu légère mais pas si bête, un éditeur manipulateur et un grand-père norvégien. Le tout sur fond d'histoire des États-Unis, des année 60 à nos jours.
    Le grand talent de Nathan Hill, dont c'est le premier roman, a été de créer autant de personnages et d'univers différents sans nous perdre un seul instant. Chacun d'entre eux nous dévoile un pan de la vie des 2 personnages principaux et plus globalement de la société américaine.
    Son écriture est à la fois juste, incisive et teintée d'un certain humour noir. Une lecture réjouissante à ne surtout pas manquer.


  • 5 septembre 2017

    Ce pavé de plus de 700 pages est typique de ces romans américains qui partent d'un point A pour arriver à un point B en passant par des points dont on n'imaginait même pas qu'ils pouvaient être aussi nombreux. A la fois roman avec une intrigue, voire même du suspense concernant le passé de l'ascendance de Samuel, réflexion sur divers sujets comme la pornographie ou les promesses à respecter ou pas, avec des variations dans la forme et le style, ce n'est pas un roman que nous avons en main, mais plusieurs. C'est souvent brillant, parfois un peu longuet, mais cela reste, dans l'ensemble, un très bon roman.

    J'ai beaucoup aimé les passages portant sur l'enfance de Samuel et notamment ses liens avec les jumeaux, mais aussi la partie se déroulant en Irak. Sans faire de la psychologie de bas étage, il m'a semblé que le passage sur cet enfant victime devenu bourreau était particulièrement réussi. D'ailleurs Nathan Hill a un don particulier pour croquer les personnages, surtout me semble-t-il, les personnages secondaires: Laura l'étudiante, m'a rappelé quelques petites garces croisées ici ou là. Alice, l'amie de la mère de Samuel, auteure de la phrase que je cite en ouverture de ce billet et Bishop, le jumeau, sont des personnages qui m'ont passionnée et touchée. L'ensemble varie dans une gamme allant du drôle à la gravité, parfois dans la même scène, comme par exemple dans la scène du chameau. Et puis, il y a ces caricatures (en fait, non, ce ne sont pas des caricatures, c'est souvent la réalité) de notre société:
    Il lui suffisait de sélectionner une émotion parmi les cinquante émotions standard, de l'associer à une photo, un petit mot ou les deux, et de guetter l'afflux de messages de soutien.
    Mais voilà que pour la première fois, les cinquante émotions standard lui semblaient limitées.


  • par (Libraire)
    4 septembre 2017

    Le premier roman de l'Amérique post-Trump

    En agressant un candidat à l'élection présidentielle, "Calamity Packer", comme l'ont immédiatement surnommée les journalistes, passionne les foules et provoque un déluge de commentaires.
    Seul Samuel Anderson, professeur à l'Université de Chicago, semble n'avoir aucun avis sur le sujet et pourtant : il est le fils de l'auteure de l'agression.
    En faisant s'entrecroiser les différents récits, se chevaucher les années, mélanger les univers, Nathan Hill creuse avec brio le sillon du Grand Roman Américain.


  • par (Libraire)
    4 septembre 2017

    Si vous décidez de lire ce livre, rendez-vous page 2

    Attention, on n'est pas loin de notre gros coup de cœur de cette rentrée 2017 !
    Quel souffle ! Quel humour ! Quelle ambition !
    D'abord, quand on ouvre ce livre, on est en terrain connu, capté dès le prologue par un univers familier. Oui, c'est un grand roman américain comme on les aime, avec tous les passages obligés du genre : le prof de fac déprimé, les affres de la création, le feuilleton politico-médiatique.

    Et pourtant, il y a ce petit quelque chose en plus, cette voix qui sonne différemment, cette singularité qui fait que le livre ne ressemble à aucun autre. Et dieu sait qu'on en a vus passer ! Alors on avance dans ce pavé de 700 pages qui tournent toutes seules et on plonge un peu plus dans le cœur de ce projet littéraire pour comprendre que le vrai sujet de ce livre, ça n'est pas l'Amérique, pas une énième intrigue familiale qui se réglera à grand coup de révélations tonitruantes. Ce dont nous parle Nathan Hill, c'est quelque chose de plus vaste, de plus existentiel, c'est la vie, énormément et tout simplement : celle qu'on rêve, celle qu'on se construit, celle à laquelle on renonce. Comme dans les "livres dont vous êtes le héros" que Samuel, le protagoniste de cette histoire, lisait quand il était enfant, chacun des personnages de cette somme romanesque est une facette, une réponse différente à la même question, universelle, terrifiante et fascinante à la fois : ai-je fait le bon choix ?
    Mais quand on a dit ça, on n'a pas dit le voyage échevelé dans lequel le livre nous embarque, du Chicago universitaire et contestataire de 1968 jusqu'au populisme médiatique d'un candidat républicain à la présidence en 2011, en passant par un chapitre splendide, presque un roman à lui tout seul, qui dépeint l'enfance de Samuel et son amitié avec un gamin solaire et anarchiste. On n'a pas non plus parlé de la très pertinente réflexion sur la puissance médiatique qui traverse tout le livre ni du poids qui pèse sur les épaules des jeunes filles des années 60 à nos jours. Fantômes norvégiens, éditeurs verreux, flics pervers et histoire d'amour passionnelle parachève ce très impressionnant premier roman d'une richesse folle, écrit avec une fluidité qui vous emporte littéralement. La seule question qu'on se pose maintenant, c'est "à quand le prochain ?"


  • par (Libraire)
    31 août 2017

    FRESQUE AMERICAINE

    C'est une fresque épique que sont ces « Fantômes du vieux pays ». Une plongée vertigineuse dans les travers américains. C'est cinquante ans d'histoire d'un pays rongé par le consumérisme qui sont dépeints. Roman de l'universel et de l'intime, c'est aussi l'histoire d'une mère et d'un fils aux liens troubles. Bourré d'humour et d’énergie, ce premier roman est impressionnant.


  • par (Libraire)
    27 août 2017

    Samuel apprend que sa mère a molesté le gouverneur Packer,candidat à la présentielle en 2011. Il est très surpris car Faye Andresen-Anderson n'est pas une personne violente, rebelle, activiste d'aucun mouvement...mais connaît-il vraiment sa mère et son passé? L'auteur parvient avec une maîtrise éblouissante à décrire la génération 68 à Chicago et ses révoltes étudiantes et anarchistes au travers de la vie personnelle de sa mère. En parallèle Nathan Hill nous présente une société des années 2010 corrompue par les politiciens et industriels et racoleuse des médias face à la révolte de ce fils. Les Fantômes du vieux pays est une analyse fine, intelligente, riche de l'âme humaine et de la complexité de l'amour et d'une société dans les années 70 et 2010..Jouissif, brillant, riche, captivant roman!


  • par (Libraire)
    10 août 2017

    Le roman de l'Amérique

    Samuel n'avait plus jamais entendu parler de sa mère depuis qu'elle l'avait abandonné lui et son père, alors qu'il n’avait que onze ans. Mais elle va réapparaître dans sa vie de manière assez rocambolesque, en étant l’auteure de l’agression d’un gouverneur candidat à la présidentielle, devenant ainsi une «vedette» dans les journaux.
    Comme son éditeur menace d’attaquer Samuel car il n'a jamais écrit de livre après avoir reçu une grosse avance financière, notre héros n'a pas d'autre choix que d’accepter d'écrire un livre à charge sur sa génitrice afin de se tirer de la panade. Il va donc enquêter sur le passé de cette femme, qui lui a caché de nombreuses choses.

    Professeur de lettres dans l’Iowa, Nathan Hill n'avait écrit que des nouvelles auparavant, et pour ce premier roman, c’est un vrai coup de maître ! C'est drôle et acide à la fois, l'auteur croque l'Amérique dans tous ses excès et cela fait mouche. En revisitant le passé de son pays, il fait un portrait sans concession du mythe américain et de ses dérives. L’intrigue fourmille de détails avec des personnages truculents. Un livre assez virtuose et enthousiasmant !