Mercy, Mary, Patty

Mercy, Mary, Patty

Lola Lafon

Actes Sud

  • par (Libraire)
    1 novembre 2017

    Lola Lafon reprend dans cette fiction l’affaire Patricia Hearst. En 1974, à 19 ans, cette jeune fille d’un milliardaire américain est kidnappée par un groupe se réclamant de l’extrême-gauche révolutionnaire. Le groupe demande une rançon originale, des sommes élevées qui seront rendues au peuple sous forme de nourriture. En peu de temps, la jeune fille qui a pourtant imploré ses parents de la délivrer se retourne contre eux et contre la société en épousant les thèses du SLA (Armée de libération symbionnaise). Sont aussi évoquées dans le roman, le cas de deux femmes kidnappées à Deerfield par des tribus indiennes en 1690 et 1753, qui refusèrent d’être libérées.

    Patricia Hearst risquant au moins trente-cinq années de prison, les avocats de sa famille ont demandé à Gene Nevena, une professeure réputée se trouvant en résidence en France, dans les Landes, de pratiquer une expertise psychologique qui montrerait qu’elle a subi un lavage de cerveau. Celle-ci charge une jeune fille de 19 ans , Violaine, de collecter de la documentation. La professeure est célèbre dans son établissement pour ses positions affirmées et le plus souvent décalées, et pour l’originalité de sa pédagogie. Elle va chercher à comprendre Patricia Hearst plutôt qu’à argumenter un lavage de cerveau. Violaine, timide, anorexique et sans expérience de la vie, se plonge sans a priori dans un dossier complexe.

    La narratrice retrace, en 2015, cette affaire en cherchant à faire entendre ce que dit Patricia Hearst : »j’ai grandi, j’ai changé; j’ai grandi. J’ai pris conscience de pas mal de trucs et ne pourrai jamais retourner à ma vie d’avant« , « Personne ne me force à faire cette bande, au fait. Je crois que vous devriez voir les choses comme je les vois« . Les autres personnages changent aussi. Les lignes bougent. Les jugements évoluent. Peu à peu, les certitudes sont affrontées et confrontées jusqu’à ce qu’on écoute enfin ces filles qui n’ont jamais eu à choisir, à exprimer leur volonté et qui, dans le désordre de l’enlèvement, trouvent une liberté. Lola Lafon décrit les incertitudes de la vie de ces jeunes femmes qui, soudain, se découvrent volontaires, déterminées, courageuses, qui, cherchant à échapper aux transmissions familiales, choisissent librement une identité, le chemin d’une vie risquée (Hearst) ou austère (les femmes de Deerfield).
    En changeant de prénom, « Tania a tourné le dos à Patricia » et s’est écartée de la norme sociale, ce que ne comprennent pas ses parents, ses avocats, la police, car « peut-on décréter que quelqu’un n’est pas libre simplement parce que ses choix nous sont étrangers ?« . Ce que Patricia Hearst a fait critique son milieu d’origine. La riche héritière a choisi le parti des pauvres, « Papa, maman, ce n’est pas la SLA qui me fait du mal. C’est le FBI ainsi que votre indifférence aux pauvres.« . Extraite de son milieu par le fait de l’enlèvement, elle ouvre les yeux, voit un autre monde, découvre « avoir désiré mettre un terme à la passivité de [ses] aînés, la nôtre« . Elle décide de vivre dans un monde qui, certes, n’existe pas, un monde réclamé, librement désiré, un monde où le destin n’emprisonne pas.


  • par (Libraire)
    17 octobre 2017

    Coup de coeur de Guillaume

    Trois femmes sont évoquées pour décrire un fait divers américain. Une héritière enlevée change de camp et prend partie pour ses ravisseurs. Syndrome de Stockolm ou prise de conscience personnelle ?

    La construction de ce roman nous met également à l'épreuve de la réflexion, comme si nous étions un personnage supplémentaire.
    Assez machiavélique.


  • 2 octobre 2017

    personnalité

    Oui, qui est le personnage principal de ce roman ?
    Est-ce Patty, née Patricia Hearst puis renommée par elle-même Tania ? Est-ce la jeune enseignante-chercheuse Gene Neveva qui tente de cerner Patty pour sa défense lors de son procès ? Est-ce Violaine, qui se rebaptise telle, chargée d’aider Gene dans ses recherches avec son regard neuf ?
    Sont-ce les deux autres jeunes filles du titre : Mercy et Mary dont il est si peu question dans les pages de ce roman ? Enlevées elles aussi, elles apparaissent en creux tout au long du récit.
    Est-ce le roman éponyme écrit par Gene dont nous sont cités certains passages ?
    Est-ce la liberté de choix, sujet au cœur du roman et qui fait l’ambiguïté de Patty ?
    Est-ce la rébellion qui habite Gene et Patty/Tania ?
    Oui, je me suis posée toutes ces questions lors de ma lecture et même maintenant à l’heure d’écrire mon billet.


    L’image que je retiendrai :

    Celle des vieux journaux et enregistrements que doit décortiquer Violaine.

    http://alexmotamots.fr/mercy-mary-patty-lola-lafon/


  • 16 septembre 2017

    Après « [La petite communiste qui ne souriait jamais](http://www.onlalu.com/livres/poches/la-petite-communiste_1389783257-5427) » dans lequel elle romançait l’étonnant destin de l’athlète Nadia Comaneci, Lola Lafon se lance cette fois un autre pari: raconter la destinée de Patricia Hearst, la fille du magnat de la presse qui, après avoir été enlevée, a pris fait et cause pour ses ravisseurs. Cette histoire est mise en regard d’autres enlèvements de femmes (ceux de Mercy et Mary, capturées par des indiens au siècle précédent), et elle est vue à travers deux personnages, Gene Neveva une chercheuse américaine, et Violaine, sa jeune assistante française. Toutes les deux doivent travailler sur le cas Patricia Hearst dont le procès pour avoir participé à un hold up s’ouvre bientôt. Mandatées par la famille, elles doivent prouver que Patty n’est qu’une victime. Leur enquête les mènera bien ailleurs…

    [**Lire notre interview de Lola Lafon**](http://www.onlalu.com/2017/08/23/lola-lafon-interview-a-l-occasion-de-la-parution-de-mercy-mary-patty-28646)

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • 11 septembre 2017

    Découverte Française

    " Ce n'est pas uniquement un roman sur un fait divers ayant défrayé la chronique en février 1974, l'enlèvement de Patricia Hearst petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph.
    C'est un roman sur la liberté d'opinion et d'agir de jeunes femmes parfois "enfermées" dans leur milieu de vie... Sur tout ce qui peut influencer notre vision des événements, sur la manipulation des mots et de la pensée."


  • par (Libraire)
    8 septembre 2017

    Une lecture captivante et stimulante !

    Lola Lafon nous entraine avec la plus grande simplicité dans une histoire à la construction pourtant complexe. Ses personnages féminins, inoubliables, nous offrent l'occasion de réfléchir sur des objets forts : le libre arbitre, la manipulation.... à lire ! Laetitia


  • par (Libraire)
    2 septembre 2017

    Plus que le récit de l'affaire Hearst, c'est l'histoire de toutes ces femmes ayant pris les armes qui nous est racontée ici.
    Une enquête intrigante et des personnages à la fois forts et touchants.
    Aude.


  • par (Libraire)
    1 septembre 2017

    La lecture de Mercy, Mary, Patty se vit comme une enquête. On emboîte le pas au duo d'enquêtrices, une sociologue et sa jeune assistante qui sont chargées d'éclairer l'affaire Patricia Hearst, au service de l'avocat de cette dernière.
    Patricia Hearst, c'est cette très jeune femme, fille du richissime baron de la presse William Hearst, enlevée par un groupuscule anti-capitaliste en 1974. L'événement marqua les Etats-Unis, parce que Patricia adhéra aux idées de ses ravisseurs mais aussi parce que ceux-ci, en guise de rançon, ont demandé une somme d'argent destinée à nourrir ceux qui en avaient besoin dans le pays.
    Patricia Hearst a-t-elle été victime d'un lavage de cerveau ou au contraire a-t-elle saisi sa chance de s'émanciper de son milieu ? Bien sûr, le roman ne donnera pas la réponse. Au-delà de narrer un intrigant fait divers, Lola Lafon multiplie les points de vue, sonde l'identité et les différentes façettes des protagonistes. Comme avec La Petite communiste qui ne souriait jamais, précédent roman de l'auteure, on referme le livre interpellé par cette interrogation qui jalonne tout le récit, celle de la liberté d'être et de penser.
    Finie la quiétude de l'été, voilà une rentrée littéraire qui dérange et qui bouscule !


  • par (Libraire)
    31 août 2017

    ROUAGES D'UN MYTHE

    Lola Lafon se penche sur l'affaire Patty Hearst et c'est passionnant. Il n'est nul besoin de connaître les rouages de ce mythe américain pour être happé et fasciné par ce roman, où le thème du faux-semblant est remarquablement exploité. D'une écriture incisive et d'un attrait documentaire riche, ce livre foisonnant est incontournable.


  • par (Libraire)
    23 août 2017

    Dans ce roman, Lola Lafon s'empare d'une icône des années 70's, Patricia Hearst, jeune femme qui défraya la chronique américaine lors de son enlèvement en 1974.

    Elle nous invite, à la suite de la jeune et timide Violaine, à (re)découvrir les faits ; l'enlèvement d'une jeune fille de la haute société qui finira par prendre les armes et embrasser la cause de ses ravisseurs. Elle
    crée pour nous le personnage loufoque et enflammé de Gene Neveva, Américaine qui tente de constituer un dossier et de rédiger un rapport pour la défense du procès de Patty. 

    Au milieu des tasses de thé, des couvertures et des balades dans les Landes, nous réfléchissons, au gré de l'évolution des faits, aux explications possibles en s'inspirant des luttes sociales qui rassemblent de tous temps, tous les horizons.


  • par (Libraire)
    19 août 2017

    1975. Violaine vient d’avoir son bac et se cherche. Pendant quelques semaines elle devient l’assistante d’une chercheuse américaine Gene Neveva qui doit mener un travail sur Patty Hearst et son enlèvement. Si Patty Hearst a été subjuguée par ses ravisseurs et leur cause, Violaine l’est par Gene son indépendance, sa liberté totale. Lola Lafon confirme ici son talent d’écrivain. Sa capacité à se fondre dans la peau de ses personnages est impressionnante. Un roman qui donne à réfléchir longtemps après la dernière page !
    Valérie


  • par (Libraire)
    17 août 2017

    Ce matin, un lapin...

    La jeune héritière Patty Hearst a-t-elle embrassée l'idéologie radicale de ses ravisseurs ou bien a-t-elle victime d'un lavage de cerveau ? Voici l'énigme que trois femmes, successivement, tenteront d'élucider et cela les mènera au cœur d'un problème plus profond : la liberté pour une femme à disposer de son propre destin.

    Livre après livre, le projet de Lola Lafon s'affirme avec plus de force : explorer le statut de la femme dans la société moderne. Quel rôle lui demande-t-on de jouer ? Quelle place lui laisse-t-on occuper ? En décortiquant des exemples historiques ou médiatiques qui font voler en éclats les limites de ces questions, elle produit une littérature engagée, documentaire et paradoxalement très romanesque.

    Comme "La petite communiste qui ne souriait jamais", "Mercy, Mary, Patty" n'est pas une thèse, pas un docu-fiction, mais bel et bien de littérature, de celle qui n'apporte aucune réponse mais ouvre des pistes, donne au lecteur de quoi penser, rêver, s'enflammer, enrager. Car au-delà du fait divers, étudié sous toutes ses coutures, ce sont les personnalités et les trajectoires de trois femmes qui tissent la trame intime de ce roman et subtilement décrivent le passage d'un précieux relais, la flamme de la révolte, parfois menue, parfois démesurée, mais qu'aucune oppression nous dit Lola Lafon, ne pourra jamais éteindre.


  • par (Libraire)
    6 août 2017

    Libres penseuses

    "Il n'y a pas de simplicité véritable, il n'y a que des simplifications", cette citation de Léon-Paul Fargue est l'illustration parfaite de l'affaire Hearst et du cheminement éclairé d'une romancière respectueuse de ses personnages.
    L'histoire de ce procès sous haute tension qui déchaîna les passions de l'Amérique des années 70 scellera à jamais les liens d'une jeune étudiante française et d'une éminente enseignante américaine mandatée par la famille Hearst afin de préparer la défense de leur fille.
    La novice et son cicérone auront quinze jours pour éplucher chaque article, visionner chaque enregistrement et tenter de percer le mystère Patricia Hearst, pauvre fille riche accusée d'actes terroristes alors qu'elle fut elle-même l'otage du groupuscule incriminé.
    Syndrome de Stockholm, engagement volontaire comme l'exutoire d'une prison dorée, victime ?
    Rien n'est simple, tout doit être critiqué.
    Et si Paris Hilton devenait Robin des Bois?