La Terre des fils

La Terre des fils

Gipi

Futuropolis

  • 2 décembre 2017

    Un univers de fou

    Clin d’œil à ceux qui ont aimé « La route » de Cormac Mc Carthy, l’occasion d’embarquer une nouvelle fois dans un univers déprimant et effrayant qui laisse un goût de cendres dans la bouche… Un magnifique ouvrage fascinant et déroutant…


  • par (Libraire)
    27 juin 2017

    Après la fin du monde

    Deux frères, leur père, au bord d’un lac duquel surgissent de temps à autre des cadavres d’un autre temps. Cette terre des fils, elle est ravagée, presque stérile, et ils sont peu nombreux ceux qui la foulent encore après un cataclysme qui les a tous renvoyés à l’âge du fer. Hé oui, c’est encore une histoire de fin du monde, mais celle-ci n’aura que peu d’importance dans le récit, ou bien subtile, pour que la renaissance de ces terres désolées accompagne l’initiation d’enfants eux aussi réduits à plus grand chose. Sans écriture, sans autre enseignement que la survie, leur langage s’est décrépi, est devenu rachitique, tandis que leur fascination pour les mystérieux gribouillis que leur père couche sur le papier les inquiètent et les intriguent. Il ne leur apprendra jamais à lire.

    Face à cette énième variation sur le thème rebattu des sociétés post-apocalyptiques, on pourrait être tenté de faire l’impasse, mais il suffira d’ouvrir ce livre pour être frappé par ce noir et blanc haché, un trait brut et précis à la fois qui lance le récit dans une autre dimension. La forme épouse le fond et là où les émotions sont primales, l’image devient brutale, comme inachevée et pourtant si claire, l’exact reflet en somme du monde qui nous est présenté.

    Après trois ouvrages autobiographiques, l’auteur italien de Ma vie mal dessinée s’attaque pour la première fois à la fiction avec un conte initiatique quasiment muet, impressionnant de maîtrise et d’une beauté élémentaire. La pluie, le brouillard, la terre, les crânes rasés, les eaux contaminées et les cieux nocturnes émergent de cette pointe fine, de ce dessin comme volé à un bord de table, un coin de nappe de fin de soirée qui dit pourtant tout de l’espoir et du désespoir de ces êtres en construction. La terre des fils est cette déclaration d’amour à la vie, à l’intelligence, à l’humanité, quand tout pourrait sembler perdu. Une merveille graphique.