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La Bosco

La Bosco

Mazzieri, Julie

José Corti

  • 30 octobre 2019

    Texte concis certes mais Julie Mazzieri n’a pas besoin de délayer tant la précision des mots fait mouche. Elle brosse avec habileté et justesse le portrait d’une famille réunie autour de la mère, décédée : le père empêtré dans ses mensonges et sa fuite en avant perpétuelle, la fille que rien ne semble émouvoir et le fils, atterré, qui regarde toute cette foire évoluer autour de lui. Une sorte de road-movie funéraire parfaitement caustique.


  • 17 décembre 2017

    L'échappée folle

    Rien de plus réjouissant que la découverte d’une voix singulière dans le paysage littéraire contemporain. Dans ce roman tragi-comique et féroce, l’auteure québécoise Julie Mazzieri tire sa puissance des drames de la vie ordinaire. A ne pas manquer !

    **La mère morte**

    Le roman s’ouvre sur un cercueil devant lequel se tient un jeune homme. La morte, c’est Suzanne Bosco ; « la Bosco », avec cet article qui la chosifie avant même d’être enterrée. Son fils Charles l’observe sans larmes, le regard attiré avec dégoût par les traces de colle sur les paupières fermées et le cirage gras censé rendre la dépouille présentable : « sertie dans son terrible écrin, la mère avait gardé sa tête de folle à lier. Sa hure ». Animalisée, la défunte offre un spectacle effrayant et ridicule. Seul le veuf se lamente, parce qu’il est fauché et ne peut payer les obsèques. Pour réduire les frais, il a déjà prévu de faire porter le cercueil par son fils, mais les soucis financiers le taraudent jusqu’au cimetière, au point que dans la voiture, entre sa fille indifférente et son fils tremblant à l’idée de la corvée qui l’attend, Jacques Bosco est pris d’une attaque de panique et ordonne à leur chauffeur de détaler. Leur équipée prendra fin dans une auberge minable où s’organise un banquet funéraire impromptu.

    **L’échappée folle**

    La situation vire d’emblée à l’incongru avec des personnages suintant la médiocrité et la bassesse. Quelques scènes d’anthologie sont particulièrement réussies, comme l’exhibition du cadavre dans son cercueil, l’arrêt dans un champ de maïs métaphysique ou le repas à l’auberge à la manière de Zola. Julie Mazzieri met en scène la mort, le délire et la pauvreté dans une trivialité qui confine au ridicule, et de manière très fine, fait du grand fils l’observateur passif de la débâcle familiale. Le lecteur, déstabilisé par le spectacle d’une société égoïste et mesquine, oscille entre rire et larmes, parce que la folie guette et que le grotesque jaillit de la tragédie. Après la révélation de ce court roman intense et jouissif, c’est avec impatience que l’on attend le troisième livre de Julie Mazzieri !

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  • 19 septembre 2017

    C'est aujourd'hui qu'on enterre la Bosco . Pourtant, Jacques son mari ruiné n'a plus les moyens de lui offrir de dignes funérailles. Une solution : la fuite ! Une débandade pathétique dans l'arrière - pays québécois. Le beau portait d'un homme empêtré dans ses mensonges! A découvrir !